Syrie: décès de 355 patients "présentant des symptômes neurotoxiques"

Des armes chimiques ont été utilisées en Syrie a reconnu samedi l'Iran, par la voix de son président Hassan Rohan. Par ailleurs, 355 patients "présentant des symptômes neurotoxiques" sont morts dans des hôpitaux. Cette annonce intervient alors que Barack Obama examine d'éventuelles options militaires contre la Syrie.
07 août 2015, 11:42
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
This citizen journalism image provided by the Local Committee of Arbeen which has been authenticated based on its contents and other AP reporting, shows Syrian citizens mourning over the dead bodies of Syrian men after an alleged poisonous gas attack fired by regime forces, according to activists in Arbeen town, Damascus, Syria, Wednesday, Aug. 21, 2013. Syrian regime forces fired intense artillery and rocket barrages Wednesday on the eastern suburbs of the capital Damascus, in what two pro-opposition groups claimed was a "poisonous gas" attack that killed dozens of people. (AP Photo/Local Committee of Arbeen)

«Trois hôpitaux, situés dans le gouvernorat de Damas et soutenus par Médecins Sans Frontières, ont reçu, en moins de trois heures le mercredi matin 21 août, environ 3600 patients présentant des symptômes neurotoxiques», précise MSF dans un communiqué.

Les équipes de cette organisation internationale n'ont pas pu se rendre sur place, mais elles sont en contact avec le personnel médical de ces hôpitaux. L'organisation leur fournit des médicaments, du matériel médical et un appui technique.

«Les symptômes qui nous ont été rapportés (...) et le schéma épidémiologique de cet événement - caractérisé par l'afflux massif de patients dans un laps de temps très court, la provenance des patients et la contamination des secouristes et du personnel ayant fourni les premiers soins - suggèrent fortement l'exposition assive à un agent neurotoxique», selon Bart Janssens, directeur des opérations à MSF.

C'est la première fois qu'une source indépendante parle d'utilisation d'armes chimiques - évoquée depuis plusieurs jours - dans la région de Damas.

Accusations réciproques

L'opposition syrienne accuse le président Bachar al-Assad d'avoir usé d'armes chimiques lors d'une attaque dans la plaine de la Ghouta orientale, à la périphérie de la capitale mercredi matin. Plus 1300 personnes seraient mortes.

Le régime accuse de son côté les rebelles d'avoir eu recours à des gaz toxiques dans le quartier de Jobar, à la périphérie de Damas. Une stratégie visant, selon lui, à repousser une offensive de l'armée, ce que l'opposition a démenti.

«La Coalition nationale syrienne rejette en bloc les informations mensongères relayées par le régime d'Assad et considère qu'il s'agit d'une tentative désespérée pour détourner l'attention de ses crimes répétés et méthodiques à l'encontre des civils syriens». Elle a appelé la communauté internationale à intervenir «de façon sérieuse».

Alors que l'Iran a pris samedi la défense de son allié syrien en affirmant qu'il existait des «preuves» de l'utilisation d'armes chimiques par les groupes rebelles, plusieurs pays européens ont demandé une réaction forte si la responsabilité du régime de Bachar al-Assad était avérée. La communauté internationale multiplie les appels pour une enquête de l'ONU.

Une responsable onusienne tentait samedi d'obtenir l'autorisation pour les experts des Nations unies, déjà sur place, de pouvoir enquêter sur ces allégations. Même son de cloche du côté de MSF qui «souhaite qu'un accès immédiat soit donné à des enquêteurs indépendants pour faire la lumière sur ce qui s'est passé».

Options militaires examinées

Les Etats-Unis vont de leur côté renforcer leur présence en Méditerranée. La marine américaine, qui disposera de quatre destroyers dans la région, soit un de plus que prévu, n'a en revanche toujours pas reçu l'ordre d'intervenir, précise le Pentagone.

Ces moyens militaires ont été mis en place pour «fournir au président des options adaptées à toutes les circonstances». Après une première réunion jeudi à la Maison-Blanche, Barack Obama a de nouveau convoqué son équipe de sécurité nationale samedi pour discuter des allégations d'attaque aux armes chimiques.

Le président américain a ordonné à ses services de enseignements de regrouper faits et preuves afin de déterminer ce qui s'est passé en Syrie. «Une fois que nous aurons vérifié tous les faits, le président prendra une décision avisée sur la manière d'y répondre», a insisté le responsable américain.

La révolte populaire déclenchée en mars 2011 en Syrie s'est transformée en une guerre civile qui a fait plus de 100'000 morts, selon l'ONU. Des millions de Syriens ont fui, provoquant un afflux de réfugiés dans les pays voisins.