Syrie: l'opposition évoque 1300 tués après une attaque chimique à Damas

Selon l'opposition syrienne, une attaque chimique aurait fait 1300 morts à Damas mercredi. Le régime du président Bachar al-Assad dément avoir fait usage de gaz.
07 août 2015, 11:41
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Le régime du président Bachar al-Assad a démenti avoir utilisé des armes non conventionnelles.

L'opposition syrienne a accusé le régime du président Bachar al-Assad d'avoir lancé mercredi près de Damas une attaque au gaz neurotoxique accompagnée de bombardements.

Les différents bilans vont d'au moins cent morts jusqu'à 1300 tués. C'est George Sabra, l'une des figures de l'insurrection, qui a avancé ce dernier chiffre. "Ce n'est pas aujourd'hui la première fois que le régime recourt aux armes chimiques", a-t-il indiqué au cours d'une conférence de presse à Istanbul. "Mais cette attaque marque un tournant majeur dans les opérations du régime(...). Cette fois-ci, il s'agit d'annihilation plutôt que de terreur".

Selon des militants de l'opposition, des roquettes contenant des agents chimiques se sont abattues sur les banlieues damascènes d'Aïn Tarma, de Zamalka et de Djobar mercredi avant l'aube.

"De la mousse dans la bouche"

"De nombreuses victimes sont des femmes et des enfants", a déclaré Bayan Baker, une infirmière d'un centre médical de Douma. "Ils sont arrivés avec les pupilles dilatées, des membres glacés et de la mousse dans leur bouche", a-t-elle ajouté. "Les médecins ont dit que ce sont des symptômes typiques de victimes de gaz neurotoxique", a précisé l'infirmière. Ces informations ne peuvent pas être vérifiées de sources indépendantes.

Des vidéos diffusées par les militants montrent des enfants inanimés étendus sur le sol à côté de corps d'hommes qui ne portent aucune trace de sang. Des hommes circulent entre les rangées de corps alignés. Sur l'une des vidéos, du personnel soignant tente de fournir les premiers soins à des enfants et leur mettre des masques à oxygène pour les aider à respirer, alors que des médecins essaient de ranimer d'autres qui semblent inconscients.

Démenti des autorités syriennes

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les bombardements, d'une ampleur sans précédent, ont fait au moins cent morts. Il a assuré que ce bilan allait augmenter, "car les raids et les bombardements continuent et la puissance de feu est considérable". L'ONG, basée à Londres, ne se prononce en revanche pas sur l'utilisation d'armes chimiques.

Les autorités syriennes ont cependant catégoriquement démenti y avoir eu recours: ces accusations "sont nulles et non avenues et totalement infondées", a affirmé un communiqué de l'armée, lu par un officier à la télévision. "Il s'agit d'une tentative désespérée des groupes terroristes de cacher leurs échecs sur le terrain", a ajouté le communiqué. Le ministère des Affaires étrangères a estimé que "ces mensonges (...) visaient à faire dévier la commission d'enquête" de l'ONU "de sa mission".

Inspecteurs de l'ONU sur place

Une vingtaine d'inspecteurs des Nations unies se trouvent à Damas depuis dimanche pour enquêter sur les accusations d'utilisation d'armes chimiques ces derniers mois dans le conflit syrien. Après l'attaque près de Damas, plusieurs pays, dont la France et la Grande-Bretagne, ont immédiatement réclamé une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU et demandé aux experts de se rendre immédiatement sur les lieux.

L'accord entre Damas et l'ONU limite la mission des inspecteurs à Khan al-Assal (près d'Alep), Ataybé, près de Damas, et à Homs, dans le centre de la Syrie.

Le secrétaire général de la Ligue arabe a cependant appelé ces enquêteurs à inspecter "immédiatement" les lieux et a demandé que les auteurs de ce "crime" soient traduits "devant la justice pénale internationale".