Syrie: la diplomatie au ralentis

La diplomatie internationale avance à pas de souris concernant le conflit syrien, après deux réunions internationales à Lausanne et à Londres, le même week-end. A Alep, la ville syrienne croule sous les bombardements.
16 oct. 2016, 20:53
/ Màj. le 16 oct. 2016 à 20:55
John Kerry et Boris Johnson, au sortir de leur discussion sur la Syrie à Lausanne, samedi.

La diplomatie s'est à nouveau activée ce week-end à Lausanne puis à Londres, mais sans portée immédiate sur la guerre en Syrie. Les contacts se poursuivent. Alors que la situation à Alep s'enlise, la ville symbolique de Dabiq, proche de la Turquie, a été reprise par les rebelles au groupe Etat islamique.

"Des idées nouvelles", a lâché samedi soir le secrétaire d'Etat américain John Kerry à sa sortie de l'hôtel Beau-Rivage à Lausanne, après quatre heures de discussions avec son homologue russe Sergueï Lavrov, l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura et des représentants iranien, turc, saoudien, qatari, irakien, égyptien et jordanien.

M. Kerry a cependant minimisé la possibilité d'une action militaire, ajoutant qu'il était de son devoir d'épuiser toutes les solutions diplomatiques. Malgré tout, il a pointé du doigt les "crimes contre l'humanité" perpétrés contre des civils à Alep. De son côté, Boris Johnson a appelé la Russie à faire preuve de pitié dans ce conflit.

Une Syrie indivisible

La Russie estime pour sa part que tous les participants à la table ronde de Lausanne ont confirmé leur attachement à la préservation d'une Syrie indivisible, indépendante et laïque, et seuls les Syriens devront décider de leur avenir via un dialogue inclusif.

Moscou ajoute que pour qu'une trêve puisse fonctionner, il est indispensable que les groupes de l'opposition modérée se séparent des islamistes du Front Fatah al Cham (ex-Front al Nosra) et des autres "groupes terroristes". Le Kremlin a confirmé par ailleurs que les opérations contre l'EI et le Front al Nosra se poursuivront.

Alep toujours sous les bombes

Malgré cette défaite de l'EI, la guerre continue entre les troupes du régime du président Bachar al Assad et ses alliés et les insurgés à Alep. Les quartiers rebelles ont à nouveau été visés dimanche par d'importants raids aériens, selon un correspondant de l'AFP.

L'OSDH a aussi fait état de frappes sur les quartiers d'Al-Sukkari, de Hanano et de Bustan al-Qasr ainsi que des tirs de roquettes des rebelles sur les zones tenues par le régime de Damas.