Syrie: le Conseil de sécurité de l'ONU vote l'envoi d'observateurs à Alep

Cinq ans après le début du conflit qui ravage la Syrie, les grandes puissances du Conseil de sécurité de l'ONU ont voté l'envoi d'observateurs à Alep. La Russie n'a pas posé son veto.
19 déc. 2016, 15:34
/ Màj. le 19 déc. 2016 à 17:05
Le Conseil de sécurité de l'ONU est composé de quinze membres, dont cinq permanents (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie).

Le Conseil de sécurité de l'ONU a voté lundi à l'unanimité l'envoi d'observateurs à Alep. L'adoption de cette résolution marque le premier signe d'unité depuis des mois entre ses membres permanents sur le conflit syrien, qui a fait plus de 310'000 morts depuis 2011.

La résolution prévoit que les observateurs onusiens supervisent les évacuations du dernier secteur rebelle d'Alep et garantissent la sécurité des civils. Elle demande que ces observateurs se voient garantir un accès "sûr, immédiat et sans entrave" à la cité.

La Russie, qui soutient militairement le dictateur syrien Bachar al Assad, avait dans un premier temps menacé d'opposer son veto à ce texte.

Après trois jours de blocage et de tractations, l'évacuation des civils d'Alep-Est a repris dans la nuit de dimanche à lundi en même temps que celle de deux villages chiites assiégés par les insurgés dans la province d'Idlib.

Evacuation de plus de 5000 personnes

Plus de 5000 personnes ont pu quitter lundi Alep-Est avant le vote de la résolution. Au total, depuis le début jeudi des évacuations du réduit rebelle dans cette deuxième ville de Syrie, au moins 14'000, dont 4000 insurgés, ont pu quitter le secteur à bord de bus en direction d'autres zones rebelles dans le nord du pays, d'après les estimations de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Alep-Est a été totalement ravagé par quatre ans de guerre entre insurgés et régime. Aidé par ses alliés dont la Russie, ce dernier l'a finalement reconquis quasi totalement après une violente offensive d'un mois depuis le 15 novembre.