Syrie: Moscou et Damas frappent à nouveau les zones rebelles

Les premiers raids aériens ont été mené sur la Syrie par la Russie depuis son porte-avions en Méditerranée. En parallèle, l'armée de l'air syrienne reprenait les frappes sur Alep.
15 nov. 2016, 19:59
/ Màj. le 15 nov. 2016 à 20:04
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les frappes russes ont visé les localités de Saraqeb, Jisr al-Choughour, Ariha, Maaret al-Noomane, Kafar Nebbol, des places fortes de l'opposition, qui contrôle quasiment toute la province d'Idleb.

La Russie a mené mardi ses premiers raids aériens sur la Syrie à partir de son porte-avions en Méditerranée. Au même moment, l'armée de l'air syrienne frappait pour la première fois depuis un mois des quartiers résidentiels d'Alep tenus par les insurgés.

"Pour la première fois de l'histoire de la flotte russe, le porte-avions Amiral Kouznetsov a pris part à des opérations armées", faisant décoller depuis son bord des avions Su-33, a déclaré le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, lors d'une réunion avec le président Vladimir Poutine et l'état-major russe.

Selon lui, l'armée russe a débuté une opération d'ampleur visant à frapper les positions du groupe Etat islamique (EI) et du front Fateh al-Cham (ex-Front al-Nosra, Al-Qaïda en Syrie) dans les régions d'Idleb et d'Homs, dans le nord-ouest et le centre du pays. Cette opération a également impliqué la frégate russe Amiral Grigorovitch, qui a tiré des missiles de croisière Kalibr.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les frappes russes ont visé les localités de Saraqeb, Jisr al-Choughour, Ariha, Maaret al-Noomane, Kafar Nebbol, des places fortes de l'opposition, qui contrôle quasiment toute la province d'Idleb.

Bombardements syriens

Le porte-avions Amiral Kouznetsov est arrivé la semaine dernière au large des côtes syriennes pour renforcer le dispositif militaire russe. Moscou mène depuis plus d'un an une opération en soutien aux forces du régime du président Bachar al-Assad.

Au même moment, après une pause d'un mois à la demande des Russes, l'armée de l'air syrienne a bombardé des zones résidentielles dans la partie est de la ville septentrionale d'Alep, tenue par les rebelles, a affirmé l'OSDH.

"Les forces du régime ont mené des raids et largué des barils d'explosifs sur plusieurs quartiers résidentiels de l'est d'Alep pour la première fois depuis le 18 octobre", a déclaré le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Les quartiers de Sakhour et de Massaken Hanano ont été visés. L'OSDH fait état d'au moins cinq civils tués et de nombreux blessés dans les frappes.

Les aviations russe et syrienne avaient cessé leurs raids trois jours avant une trêve qui devait être destinée, selon Moscou et Damas, à favoriser la sortie des rebelles de la zone tenue par les insurgés.

Hôpitaux visés

Depuis lundi, trois hôpitaux situés dans des zones rebelles du nord de la Syrie ont par ailleurs été endommagés par des frappes aériennes, indique l'OSDH. L'ONG fait état de blessés parmi le personnel médical et les patients.

"On peut craindre que les avions russes et ceux du régime vont commettre des massacres et des crimes contre l'humanité dans le nord de la Syrie, particulièrement à Alep et dans la province d'Idleb, en utilisant des armes prohibées internationalement lancées à partir du ciel et de la mer", a affirmé Yasser Youssef, un responsable du groupe rebelle Noureddine al-Zinki.

Il s'agit de la première opération d'envergure en Syrie depuis l'élection de Donald Trump. Le futur président américain a suggéré dans un entretien publié samedi par le New York Times qu'il allait travailler plus étroitement avec la Russie dans le dossier syrien.

Production alimentaire au plus bas

L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (WFP) ont en outre annoncé mardi que la production alimentaire en Syrie a atteint un plus bas historique.

"La production alimentaire en Syrie a atteint un plus bas record alors que l'insécurité croissante et des conditions météorologiques défavorables dans certaines parties du pays ont continué à entraver l'accès à la terre, au matériel agricole et aux marchés", ont informé les deux organismes dans un communiqué commun. Environ 8,7 millions de personnes, soit plus d'un tiers de la population, manquent de nourriture, avaient noté les deux organisations en août.