Syrie: plus de 140 morts dans des combats entre armée et djihadistes

Au moins 140 combattants ont péri depuis jeudi dans le nord de la Syrie dans les combats qui opposent l'armée syrienne et les djihadistes.
07 août 2015, 14:00
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
FILE - This undated file image posted on a militant website on Tuesday, Jan. 14, 2014, which has been verified and is consistent with other AP reporting, shows fighters from the al-Qaida linked Islamic State of Iraq and the Levant (ISIL) marching in Raqqa, Syria. Across the broad swath of territory it controls from northern Syria through northern and western Iraq, the extremist group known as the Islamic State has proven to be highly organized governors. (AP Photo/Militant Website, File)

Plus de 140 personnes, en majorité des combattants, ont péri dans des heurts opposant depuis jeudi l'armée syrienne aux jihadistes de l'Etat islamique (EI) dans le nord du pays. A Raqa, les islamistes ont tué au moins 50 soldats, tombés dans un guet-apens puis, pour la plupart, décapités.

Depuis jeudi, le groupe radical de l'EI a lancé des attaques concomitantes dans les provinces de Raqa (nord), de Hassaka (nord-est) et d'Alep (nord), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui fournit le bilan des victimes. L'OSDH s'appuie sur des sources civiles, médicales et militaires.

Il s'agit de la première confrontation de cette ampleur entre l'EI et le régime syrien, qui se battent tous deux contre les rebelles luttant depuis trois ans pour renverser le président Bachar al-Assad.

Au moins 144 personnes ont péri lors de ces affrontements, notamment à Hassaka et Raqa où les jihadistes ont lancé des attaques suicide contre des régiments, des brigades et un siège du parti Baas. Dans ce bilan figurent au moins 52 jihadistes, 80 soldats et 12 membres du parti Baas, le parti de Bachar al-Assad, selon l'OSDH.

Soldats décapités

Dans la région septentrionale de Raqa, bastion de l'EI, quelques centaines de soldats se retiraient de la vaste base de la Division-17, située au nord de la ville éponyme, lorsqu'ils ont été attaqués par les jihadistes. Au moins 50 soldats sont tombés dans l'embuscade, certains ont été tués dans des affrontements, mais la plupart ont été décapités, a précisé l'OSDH.

Des sympathisants de l'EI, qui a annoncé fin juin l'établissement d'un "califat" islamique entre la Syrie et l'Irak, ont fait état de leur côté de 75 soldats exécutés par les jihadistes. "Grâce à Dieu, 75 fuyards de la Division-17 ont été capturés et décapités à Abou Chareb", a tweeté l'un d'eux. En revanche, les médias du régime gardait un mutisme total.

Attaque-suicide

A Hassaka, quatre kamikazes ont mené une attaque-suicide à l'intérieur du siège du parti Baas, suivie d'affrontements. Douze personnes, dont des membres du parti et des gardes de l'immeuble, ont été tuées. Parmi les morts figure "un responsable baasiste qui a été décapité par un instrument tranchant", a précisé l'OSDH.

Au sud de la ville, une dizaine de militaires ont été tués dans une attaque contre un régiment. L'armée syrienne a bombardé les insurgés ainsi qu'une autre position de l'EI, tuant 17 djihadistes, selon l'OSDH. "Les bombardements de l'armée ont fait reculer l'EI dans la nuit de jeudi à vendredi", a précisé Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

Premier convoi de l'ONU

Parallèlement, un convoi d'aide humanitaire est passé en Syrie venant de Turquie sans l'accord de Damas a indiqué l'ONU. Il s'agit de la première application d'une résolution du Conseil de sécurité afin d'aider les plus de dix millions de Syriens ayant besoin d'aide.

Neuf camions transportaient des vivres, du matériel sanitaire ainsi que des équipements pour purifier l'eau et construire des abris, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'Onu.

Drone abattu en Jordanie

Enfin, la Jordanie a abattu vendredi un drone qui survolait le gouvernorat de Mafraq, près de la frontière avec la Syrie, a annoncé un responsable de sécurité.

"Il s'agissait d'une violation de l'espace aérien jordanien. La Jordanie prendra des mesures (...) une fois ce drone identifié", a ajouté ce responsable. Selon lui, le drone survolait une zone proche du camp de Zaatari, qui héberge environ 100'000 réfugiés syriens.

Amman est par ailleurs accusé par Damas de soutenir les rebelles qui combattent le régime, mais a toujours démenti.