Syrie: Poutine s'est dit prêt à prolonger la trêve d'un jour prévue jeudi en Syrie

Lors d'une rencontre à Berlin, Vladimir Poutine a affirmé à ses homologues français François Hollande et allemande Angela Merkel qu'il était favorable à une prolongation du cessez-le-feu en Syrie. La trêve prévue pour ce jeudi doit permettre l'évacuation de civils et de combattants désireux de quitter les quartiers rebelles.
20 oct. 2016, 07:10
/ Màj. le 20 oct. 2016 à 07:22
Vladimir Poutine s'est déclaré favorable à un maintien du cessez-le-feu en Syrie.

Le président russe s'est dit prêt à prolonger la trêve qui doit démarrer jeudi à Alep, en Syrie, lors d'entretiens difficiles à Berlin avec son homologue français et la chancelière allemande. Ces derniers n'ont pas exclu des sanctions suite aux bombardements ayant ravagé la ville. "Nous avons fait part de notre intention de prolonger autant que possible, en fonction de la situation réelle sur le terrain, l'arrêt de nos frappes aériennes", a déclaré dans la nuit Vladimir Poutine, à l'issue des pourparlers dans la capitale allemande.

Il s'exprimait alors que les habitants des quartiers rebelles d'Alep se préparent à vivre jeudi une courte trêve, préparée par une pause de 24 heures des raids aériens. Selon l'armée russe, cette "pause humanitaire" doit permettre l'évacuation de civils et de combattants désirant quitter les quartiers rebelles, dans l'est d'Alep. Elle doit entrer en vigueur à 07h00 (en Suisse) et durera onze heures. L'armée syrienne a toutefois indiqué mercredi soir que cette trêve durerait trois jours, les 20, 21 et 22 octobre, et s'étendrait de 08h00 (07h00 en Suisse) à 16h00, selon l'agence officielle Sana. A Berlin, M. Poutine est resté prudent, se gardant de donner une indication de durée pour la possible extension.

Crimes de guerre

"Nous sortons de cet entretien avec l'impression qu'il peut y avoir une prolongation de la trêve, mais c'est au régime syrien et à la Russie d'en faire la preuve", a indiqué pour sa part le chef de l'Etat français François Hollande lors d'une conférence de presse conjointe avec la chancelière allemande. "Cette trêve ne peut pas être de quelques heures. Une trêve de quelques heures, cela n'a pas de sens", a-t-il ajouté, jugeant que la population d'Alep ne pouvait continuer de vivre dans des conditions "insupportables".

 

 

Ces discussions ont été plus que franches, "claires et dures", selon Mme Merkel. Le chef de l'Etat français a évoqué, lui, des échanges "directs". "Nous nous sommes dit des choses", a-t-il souligné. Il est allé jusqu'à qualifier de "crimes de guerre" les frappes russo-syriennes sur les quartiers de l'est d'Alep et à parler d'une "ville martyre", tandis que la chancelière allemande en dénonçait le caractère "inhumain". "Nous parlons là d'activités criminelles, de crimes contre des civils", a-t-elle poursuivi.

Tous deux n'ont pas exclu des sanctions à l'égard de la Russie suite aux bombardements contre les civils dans la deuxième ville syrienne. "On ne peut pas se priver de cette option", a dit Mme Merkel, à la veille d'un sommet de l'Union européenne qui va largement aborder la question des relations avec la Russie.