Syrie: triple attentat meurtrier à Alep

Au moins 48 personnes ont été tuées en Syrie et une centaine d'autres blessées mercredi dans un triple attentat à la voiture piégée à Alep, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.
06 août 2015, 14:45
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
syrie

Deux des trois attaques suicide, survenues à quelques minutes d'intervalle, ont eu lieu place Saadallah al Djabari à Alep en Syrie. Elles ont visé deux hôtels et un bureau des télécoms. 

Elles ont été suivies d'un barrage de tirs de mortier qui a fait cinq morts de l'autre côté de la frontière, en Turquie, "un incident très grave", estime Ankara.
 
Une autre explosion s'est produite à quelques centaines de mètres, où s'affrontent rebelles et forces fidèles au président syrien Bachar al Assad, selon la télévision publique. Ces attentats n'ont pas été revendiqués dans l'immédiat.
 
La plupart des morts et des blessés "sont des membres des forces gouvernementales. Les explosions ont visé le club des officiers et des barrages de l'armée régulière", a indiqué l'OSDH, citant des sources médicales.
 
Aucune autre source ne permet d'étayer ces informations.
 
Les insurgés, qui ne sont équipés que d'armes légères, avaient déjà eu recours à plusieurs reprises aux attentats dans les quartiers tenus par l'armée. Plusieurs manifestations de soutien au régime ont par ailleurs été organisées sur la place Saadallah al Djabari.
 
Réunion d'urgence à Ankara
 
Par ailleurs, cinq personnes ont été tuées en territoire turc après un tir de mortier en provenance de Syrie. C'est ce qu'a annoncé sur CNN Türk le maire de la localité frontalière turque d'Akçakale, précisant que les victimes sont une femme et quatre enfants. On dénombre également huit blessés graves.
 
Il s'agit d'un "incident très grave qui dépasse les bornes", a estimé le vice-Premier ministre turc Besir Atalay, dans des déclarations retransmises par les chaînes de télévision turques.
 
Le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu a de son côté convoqué une réunion d'urgence et rendu compte par téléphone de l'incident au médiateur international Lakhdar Brahimi, selon un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères.
 
Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a réuni ses conseillers pour, selon une source informée, étudier une éventuelle riposte.
 
Le conflit syrien, qui a éclaté en mars 2011, menace d'affecter les zones turques proches de la frontière. Vendredi, un obus de mortier venant de Syrie avait déjà détruit des maisons à Akçakale, sans faire de victime.
 
La Turquie, qui soutient les rebelles et accueille des dizaines de milliers de réfugiés syriens, a renforcé son dispositif de sécurité le long des 900 km de frontière après la destruction par la DCA syrienne d'un avion de reconnaissance turc en juin.
 
Offensive à Damas
 
A travers le pays, les violences ont fait au moins 90 morts mercredi, dont 22 civils, selon la même source.
 
Dans la province de Damas, les banlieues de Qoudssaya et d'al-Hama, deux bastions rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL), ont été "bombardées par les chars de l'armée qui mène par ailleurs des arrestations et des perquisitions dans les environs", selon l'OSDH.