Tabaré Vazquez élu à la tête de l'Uruguay

Tabaré Vazquez a remporté la présidentielle en Uruguay. Il s'agit de son deuxième mandat à la tête du pays.
07 août 2015, 14:30
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
President elect Tabare Vazquez celebrates in Montevideo, Uruguay Sunday, Nov. 30, 2014. Vazquez easily won Uruguay's presidential election, returning to power a left-leaning coalition that has legalized gay marriage and moved to create the world's first state-run marijuana marketplace. (AP Photo/Matilde Campodonico)

Tabaré Vazquez a largement remporté dimanche le second tour des élections présidentielles en Uruguay. Il est de retour au pouvoir après avoir été le premier dirigeant de gauche du pays, mais avec un regard critique sur la récente légalisation du cannabis.

Ce cancérologue de 74 ans, qui avait présidé le petit pays latino-américain de 2005 à 2010, a obtenu 55,5% des suffrages selon les résultats partiels portant sur 71,7% des bulletins, contre 44,5% pour son opposant du Parti national (centre-droit), Luis Lacalle Pou, 41 ans.

"Il y a quelques minutes, j'ai appelé M. Tabaré Vazquez pour le féliciter de son triomphe légitime dans ces élections", a déclaré le jeune député, fils d'un ancien président, depuis son QG de campagne.

Le président élu a plaidé pour un accord national dans la sécurité et l'éducation, deux thèmes-clés de la campagne: "en matière de développement économique et social, ce qui est authentique et durable est le fruit de travaux en commun", a-t-il lancé devant ses sympathisants euphoriques, descendus par milliers dans les rues de Montevideo.

Tabaré Vazquez prendra ses fonctions le 1er mars prochain. Il assure ainsi un troisième mandat consécutif à la coalition de gauche du Frente Amplio (FA), dont les drapeaux rouge, bleu et blanc étaient agités par la foule dimanche soir dans la capitale.

De nombreux défis

Il aura la lourde tâche de succéder, avec un style plus classique, à José Mujica, dit "Pepe", coqueluche des médias internationaux pour son franc-parler contre la société de consommation et son mode de vie humble.

Et il devra faire face, d'une part, au ralentissement économique qui touche la région et, d'autre part, à ses propres réticences vis-à-vis de la loi-phare de José Mujica, légalisant depuis décembre 2013 la marijuana sous contrôle de l'Etat.

Car, pendant ses cinq ans au pouvoir, M. Mujica a fait adopter des lois très progressistes pour l'Amérique latine comme la légalisation de l'avortement, du mariage homosexuel et du cannabis. Sur ces sujets, Tabaré Vazquez n'a pas toujours été d'accord, opposant notamment son véto à la loi sur l'avortement.