Tireur de Paris: un suspect arrêté

Le parquet de Paris annonce qu'il interroge un homme correspondant au signalement de l'homme qui a tiré sur un assistant photographe de "Libération" ce lundi.
07 août 2015, 12:02
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Une chasse à l'homme a débuté lundi en milieu de matinée à Paris quand un tireur a grièvement blessé un photographe dans le hall du quotidien ?Libération?.

Les traces ADN prélevées par les enquêteurs n'ont pas permis d'identifier le tireur de "Libération" et de La Défense via le fichier des empreintes génétiques, mais confirment qu'un seul homme a mené les différentes agressions. Un suspect présentant une "forte ressemblance physique" avec le tireur a été placé en garde à vue mercredi soir.

Le suspect a été repéré vers 19 heures dans un parking souterrain de Bois-Colombes (banlieue nord-ouest de Paris), a annoncé dans la soirée le parquet de Paris. Il a été trouvé par les enquêteurs dans un véhicule stationné dans un parking public situé sous un immeuble d'habitation, le long de la voie ferrée près de la gare.

Cette interpellation est consécutive à un témoignage. Selon une source proche de l'enquête, c'est l'homme qui l'hébergeait qui aurait contacté la police. "Il lui aurait confié, en évoquant l'affaire du tireur, 'j'ai fait une connerie'", a-t-elle expliqué. L'homme interpellé aurait été transféré dans un hôpital de la région parisienne dans le cadre d'une garde à vue médicalisée.

Selon plusieurs sources, il se trouvait dans un état de "semi-inconscience, sans doute suite à la prise de médicaments, qui peut laisser penser à une tentative de suicide". Les enquêteurs ont prélevé un échantillon ADN sur le suspect qui est en cours d'analyse. L'ADN identifié sur plusieurs scènes de crime doit permettre de vérifier s'il s'agit bien du tireur.

Un même homme

D'après les résultats de ces analyses, le même tireur est à l'origine des fusillades lundi à Paris au siège du journal "Libération" et dans le quartier d'affaires de la Défense, a indiqué le procureur de Nanterre, Robert Gelli. Il s'agirait également du même homme qui a pris en otage un automobiliste le même jour vers l'avenue des Champs-Elysées.

L'empreinte génétique était la même sur les cartouches de fusil de chasse retrouvées dans le hall de "Libération", devant la tour de la Société générale, ainsi que sur la portière passager du véhicule dont le conducteur a déposé le tireur sur les Champs-Elysées.

Les deux enquêtes conjointes ouvertes par les Parquets de la capitale française et de Nanterre (ouest de Paris, dont dépend le quartier de la Défense) vont donc être prises en charge par le procureur de Paris "saisi des faits les plus graves commis au siège de 'Libération'", a indiqué Robert Gelli.

Tireur introuvable 

D'importants moyens policiers étaient mobilisés mercredi pour retrouver la trace du tireur dont quatre photos, notamment la capture d'une image de vidéosurveillance, ont été diffusées. Pour l'identifier, la police compte aussi sur les centaines de réponses à l'appel à témoins lancé la veille.

La brigade criminelle de la police judiciaire (PJ) a reçu pour l'heure plus de 700 appels téléphoniques. Plus de 270 renseignements sont "en cours d'exploitation", selon la police parisienne. Trois personnes ont été conduites dans des commissariats pour des "vérifications complémentaires", mais aucun de ces contrôles n'a donné lieu à une garde à vue.

BFMTV attaquée

"Il faut du temps. Plusieurs dizaines, plusieurs centaines d'hommes sont mobilisés. Personne ne peut douter de leur détermination, de ma détermination à interpeller, neutraliser au plus vite" le suspect, a déclaré le ministre de l'Intérieur français Manuel Valls sur la chaîne d'information en continu BFMTV. Le suspect âgé de 35 à 45 ans, de type européen, est d'ailleurs aussi soupçonné d'être l'auteur d'une agression vendredi au siège de la chaîne.

Lundi, armé d'un fusil, l'homme a grièvement blessé un assistant-photographe dans le hall du quotidien "Libération", puis a déchargé son arme sur la façade d'une banque dans le quartier des affaires de La Défense. Dans la foulée, un automobiliste a témoigné qu'un "individu armé l'avait pris en otage" pendant près de 20 minutes, le contraignant à le déposer aux Champs-Elysées.