Trêve: les Gazaouis retournent dans leurs quartiers dévastés

Au moins 76 corps ont été retirés des gravats dans les quartiers de Gaza où les habitants sont retournés après l'annonce samedi matin d'une trêve de 12 heures entre le Hamas et Israël. Le conflit a déjà fait 967 morts palestiniens a aussi quelque 6000 blessés.
07 août 2015, 14:00
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les Palestiniens sont retournés dans leurs quartiers dévastés où s'amoncelent d'énormes gravats.

Quelques heures après l'entrée en vigueur samedi d'un cessez-le-feu de 12 heures entre Israël et le Hamas, les Palestiniens sont retournés dans leurs quartiers dévastés où s'amoncelaient d'énormes gravats. Au moins 76 corps ont été retirés des décombres. Le bilan côté palestinien dépasse désormais les 900 morts, dont l'immense majorité sont des civils.

Le Hamas et l'armée israélienne ont accepté ce cessez-le-feu limité après l'échec du secrétaire d'Etat américain John Kerry à arracher, pour le moment, une trêve durable entre les belligérants.

Près de 200 enfants tués

La pause survient au 19e jour d'une guerre qui a déjà coûté la vie à 967 Palestiniens, en grande majorité des civils, à 39 Israéliens, dont 37 soldats, et à un ouvrier thaïlandais depuis le début le 8 juillet de l'offensive israélienne.

En outre quelque 6000 Palestiniens ont été blessés, selon M. Qodra. Selon l'Unicef, au moins 192 enfants figurent parmi les morts palestiniens.

A peine le cessez-le-feu entré en vigueur, à 08 heures locales, les habitants sont sortis dans les rues de Gaza, la plupart étant jusqu'alors trop dangereuses.

Scènes de désolation

De Beit Hanoun, dans le nord, à Khan Younès, au sud, en passant par les villes de Chajaya et Zeitoun à l'est, ils y ont découvert des scènes de désolation, les maisons détruites succédant aux cadavres laissés dans la rue ou sous les décombres des bâtiments effondrés.

A Beit Hanoun, même l'hôpital a été sévèrement abîmé par les bombardements. Des correspondants de l'AFP y ont vu le corps d'un secouriste tué, tandis que d'autres fouillaient les gravats pour tenter d'y retrouver des victimes.

Chajaya

Des images similaires, à Chajaya, ont été diffusées à la télévision. Dans un bâtiment cette banlieue de la ville de Gaza, pilonnée sans relâche pendant plusieurs jours, plusieurs corps raidis reposent sur le sol. L'un d'entre eux baigne dans une mare de sang séché. Tous sont recouverts de poussière.

Et les secours s'attendent à découvrir de nombreux autres cadavres. Déjà, depuis le début de la trêve, 35 corps ont été extraits des gravats.

Les autorités locales ont déconseillé aux habitants de se rendre près des immeubles bombardés et des bases militaires, par peur "d'objets explosifs".

Menace israélienne

L'armée israélienne a elle aussi mis en garde les habitants de l'enclave palestinienne qui avaient dû fuir leur foyer, leur demandant de ne pas y retourner. "La localisation et la neutralisation des tunnels (du Hamas) dans la bande de Gaza continuera", a-t-elle dit.

Parallèlement, les efforts diplomatiques se poursuivent à Paris où se tiendra à partir de 11 heures une réunion internationale sur la situation en présence de nombreux ministres des Affaires étrangères.

M. Kerry a assuré vendredi que "le cadre fondamental" d'un cessez-le-feu durable avait été fixé, évoquant des points de "terminologie" à régler.