Tuerie de Chevaline: un proche des al-Hilli critique l'enquête

Un proche des al-Hilli, la famille dont trois membres ont été tués en septembre dans les Alpes françaises, critique l'enquête qui se concentre selon lui uniquement sur la piste familiale.
06 août 2015, 14:54
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Une équipe commune d'enquête franco-britannique sur l'affaire de la tuerie de Chevalines dans les Alpes françaises devait être créée ce vendredi.

Un parent des al-Hilli, la famille dont trois membres ont été tués en septembre dans les Alpes françaises, déplore que les enquêteurs français se "concentrent uniquement" sur la piste familiale. Il a indiqué que les deux fillettes du couple tué avaient été mises au courant de ce qui était arrivé à leurs parents.

Le 5 septembre, Saad al-Hilli, 50 ans, sa femme Iqbal, 47 ans, et sa belle-mère Suhaila al-Allaf, 74 ans, de nationalité suédoise, ont été tués par balles à Chevaline, près d'Annecy, où ils passaient des vacances, de même qu'un cycliste français.

Les deux fillettes de ce couple britannique d'origine irakienne ont survécu à la fusillade, mais l'aînée a été grièvement blessée.

"Je pense que le procureur français s'est focalisé sur la famille sans présenter aucune preuve. Ce sont des spéculations extravagantes", a déclaré Ahmed al-Saffar, l'oncle de Iqbal al-Hilli, dans une interview diffusée lundi par la BBC Radio 4.

Critique lancée

Les enquêteurs français se sont intéressés à plusieurs pistes parmi lesquelles un litige entre Saad al-Hilli et son frère à propos d'une succession, les liens avec son pays d'origine, l'Irak, ou encore sa profession.

Interrogé sur les deux premières hypothèses, M. al-Saffar a encore poursuivi: "Personnellement je ne crois à aucune de ces pistes et je pense que le procureur français devrait mener une enquête professionnelle et n'écarter aucun aspect ou aucune piste, se concentrer uniquement sur la famille n'est pas juste et ce n'est pas la bonne chose à faire".

"Je ne vois aucune raison pour laquelle cette famille aurait pu être visée", a-t-il encore dit, décrivant Iqbal et Saad al-Hilli comme "le couple parfait".

Réunion avec la police

Il a ajouté que toute la famille était "dévastée" par ces meurtres et rencontrait la police "de temps en temps".

"Nous espérons que les enquêtes française et britannique permettront de traduire le meurtrier en justice le plus rapidement possible, c'est ce qui nous donnerait un peu de réconfort", a-t-il dit.

Le chef des enquêteurs, le lieutenant-colonel Benoît Vinnemann, et le procureur de la République d'Annecy, Eric Maillaud, ont indiqué samedi à l'AFP que rien ne permettait d'établir dans quel ordre les quatre victimes avaient été exécutées. Ils démentaient des éléments de presse selon lesquelles le cycliste aurait été le premier touché.