Typhon Haiyan: dimanche de prière pour les Philippins

Neuf jours après le passage de l'un des typhons les plus puissants à terre, les cloches ont sonné aux Philippines. Les sinistrés ont tenté dimanche de trouver un peu de réconfort dans les églises.
07 août 2015, 12:02
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
epa03953807 Filipino typhoon victims pray in front a statue of Jesus inside a damaged church in the super typhoon devastated town of Tacloban, Leyte island province, Philippines, 17 November 2013. Philippine President Benigno Aquino promised to help rebuild areas devastated by Typhoon Haiyan, which killed 3,681 people and displaced nearly four million.  EPA/RITCHIE B. TONGO

Des Philippins en deuil ont tenté dimanche de trouver un peu de réconfort dans les églises de villes dévastées par le typhon Haiyan. Dans leur pays, majoritairement catholique, les secours faisaient tout leur possible pour atteindre les communautés les plus isolées.

Neuf jours après le passage de l'un des typhons les plus puissants à terre, les cloches ont sonné pour appeler à la messe des fidèles qui se sont échappés un moment de leur lutte pour la survie.

A Guiuan, première ville frappée par Haiyan, quelque 300 personnes se sont rassemblées sur le parvis de l'église de l'Immaculée Conception, édifice de 400 ans très endommagé.

Un homme a grimpé en haut du beffroi pour frapper avec une barre de fer sur une énorme cloche. Les paroissiens, certains pleurant en silence, ont écouté debout au milieu des ruines le sermon du père Arturo Cablao, qui a salué la force de cette population privée de tout.

Réconfort de la foi

Environ 80% des 100 millions de Philippins sont catholiques, héritage de la colonisation espagnole. Ils ont témoigné de leur foi dimanche à travers le centre du pays dévasté.

A Tacloban, capitale de l'île de Leyte particulièrement meurtrie, des centaines de fidèles se sont pressés sur les bancs détrempés de l'église Santo Nino qui a perdu son toit. Après la messe, Violeta Simbulan, 63 ans, se sentait réconfortée par le sermon assurant que Dieu serait toujours là.

Appel présidentiel à la patience

Pendant ce temps, les opérations d'assistance se poursuivaient à un rythme désormais soutenu. Le président philippin Benigno Aquino a appelé ses concitoyens à comprendre les difficultés logistiques.

Comme il s'y est déjà employé au cours de la semaine écoulée, le chef de l'Etat a tenté de rejeter la responsabilité des problèmes sur les autorités locales. Elles sont coupables, à ses yeux, d'un manque de préparation.

Reconnaissant qu'il fallait encore faire des efforts, il a précisé qu'il resterait sur place plusieurs jours, jusqu'à ce qu'il soit "satisfait" de l'amélioration de la situation.

L'aide s'organise

L'arrivée de l'aide "était plutôt lente au début, mais cela s'arrange", a indiqué Samir Wanmali, coordonnateur d'urgence du Programme alimentaire mondial de l'ONU.

Cette accélération a notamment été permise par l'arrivée jeudi soir du porte-avions américain George Washington et de ses milliers de marins. Hélicoptères et avions américains font depuis des rotations incessantes pour apporter nourriture, eau et tentes à Tacloban, mais aussi dans des zones isolées.

Un navire de guerre britannique est arrivé dimanche, et sera suivi par un porte-hélicoptères d'ici au 25 novembre. Tokyo va envoyer 1200 soldats.

La Suisse a quant à elle annoncé samedi qu'elle débloquera 6 millions de francs pour soutenir les opérations humanitaires. Selon le chef du Corps suisse d'aide humanitaire (CSA), Manuel Bessler, la priorité doit être donnée à la construction d'abris sur place, ainsi qu'aux secteurs "eau", "abris" et "médecine".

Bilan pas définitif

Le dernier bilan du gouvernement fait état de 3976 morts et de 1590 disparus. Celui de l'ONU de près de 4500 morts. Mais, dans cette situation d'apocalypse où des corps gisent toujours dans les rues, le nombre de victimes pourrait grimper.

L'Onu souligne que les informations en provenance de plusieurs provinces dans l'ouest de la région des Visayas demeurent "limitées" et que 60% des habitants des villes de la province de Capiz, sur une île située à l'ouest de Tacloban, ont besoin d'une aide alimentaire.

"Je demeure préoccupée par la santé et le bien-être de millions d'hommes, de femmes et d'enfants qui sont toujours dans la détresse", a déclaré Valerie Amos, secrétaire générale adjointe de l'Onu chargée des affaires humanitaires.