Typhon Haiyan: les Philippines compte ses morts

Le typhon Haiyan, qui a traversé d'est en ouest l'archipel philippin, a fait au moins 10'000 morts, selon les dernières estimations.
07 août 2015, 12:00
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Face à l'ampleur de la catastrophe, plusieurs pays ont proposé leur aide aux Philippines.

Le typhon Haiyan a fait au moins 10'000 morts dans la province de Leyte, dans le centre des Philippines, a déclaré dimanche le commissaire Elmer Soria, un des chefs de la police régionale. Il a détruit 70 à 80% des régions qu'il a traversées vendredi et samedi.

Des vagues hautes de cinq à six mètres charriant des débris ont rasé des maisons et noyé des centaines de personnes. Des vents atteignant 275 km/h ont été enregistrés et la montée des eaux a englouti des localités situées jusqu'à un kilomètre à l'intérieur des terres.

"Nous avons eu une réunion la nuit dernière avec le gouverneur et les autres responsables. Le gouverneur a dit que selon les estimations, 10'000 personnes sont mortes", a déclaré le commissaire Soria. "Les dégâts sont énormes."

Le précédent bilan fourni par les autorités faisait état de plus de 1200 morts, dont mille dans la seule province de Leyte. Sur l'île de Samar, au centre de l'archipel philippin, Haiyan aurait fait au moins 300 morts et 2000 disparus, selon les autorités.

Si le nouveau bilan des 10'000 morts se vérifie, Haiyan sera la catastrophe naturelle la plus sévère dans l'histoire récente des Philippines.

"C'est terrifiant"

Le typhon, qui a traversé d'est en ouest l'archipel philippin, s'est nettement atténué en touchant dimanche les côtes du Vietnam, où 600'000 personnes ont été évacuées. Située dans la province de Leyte, à 580 km au sud-est de Manille, la ville de Tacloban, qui compte 220'000 habitants, a subi les plus gros dégâts.

Le typhon a laissé dans son sillage des zones inondées où flottent des cadavres, des routes encombrées par les chutes d'arbres ou de pylônes, des maisons détruites.

"Vu d'un hélicoptère, on voit l'étendue de la dévastation. A partir du rivage et jusqu'à un kilomètre à l'intérieur des terres, il n'y a plus une structure debout. C'était comme un tsunami", a déclaré le ministre de l'Intérieur philippin Manuel Roxas. "Je ne sais pas comment décrire ce que j'ai vu. C'est terrifiant."

"Les morts sont partout"

Le ministre a précisé avoir dépêché des patrouilles sur place pour empêcher des pillages par des habitants désespérés à la recherche d'eau ou de nourriture.

"Il y a des pillages dans les centres commerciaux et les supermarchés. Ils prennent tout, même l'électroménager, les télévisions, qu'ils échangeront ensuite contre de la nourriture", a déclaré Tecson John Lim, un responsable de la municipalité de Tacloban. Selon lui, la ville n'a récupéré que 300 à 400 corps, mais juge plausible le bilan de 10'000 morts. "Les morts sont dans les rues, dans leurs maisons, ils sont sous les gravats, ils sont partout", a-t-il dit.

Aide internationale en vue

Face à l'ampleur de la catastrophe, plusieurs pays ont proposé leur aide. Les Etats-Unis vont fournir des hélicoptères, des avions, des navires et des équipements destinés à la recherche et au sauvetage, après une demande de Manille, a indiqué le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagels.

L'Australie et la Nouvelle-Zélande ont accordé dimanche une aide de près d'un demi-million de dollars US (370'000 euros), alloués à la Croix Rouge de l'archipel, et indiqué qu'une aide supplémentaire pourrait suivre.

Le gouvernement a dépêché 15'000 soldats dans les zones les plus durement frappées, des avions chargés de matériel et des hélicoptères. Mais, pour le secrétaire aux Affaires intérieures, "quelle que soit l'aide apportée, ce ne sera pas assez".

De son côté, le PAM (Programme alimentaire mondial), une agence de l'ONU, est en train d'organiser le transfert de 40 tonnes d'aide alimentaire. L'UNICEF, l'agence onusienne pour l'enfance, a déjà préparé 60 tonnes de matériel de santé et de survie qui partiront d'un de ses centres de logistique à Copenhague et devraient arriver aux Philippines mardi.

Appel du pape François

Le pape François a appelé dans un tweet les catholiques à prier pour les victimes tandis que le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, se disait dit "profondément attristé par l'ampleur des pertes humaines".