Ukraine - Ioulia Timochenko sera soignée hors de prison

L'opposante ukrainienne et ex-Première ministre Ioulia Timochenko, qui a des problèmes de santé, va recevoir des soins médicaux hors de prison "aujourd'hui ou demain", a assuré mardi le président Viktor Ianoukovitch. Elle a été condamnée en octobre à sept ans de prison.
03 août 2015, 19:44
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Ioulia Timochenko à l'époque où elle était encore Premier ministre de l'Ukraine. Elle a été condamnée en octobre à sept ans de prison.

"Le système (de médecine carcérale) n'a pas encore atteint le niveau nécessaire. Voila pourquoi ce traitement va devoir être assuré dans des établissements médicaux de Kiev, hors de prison", a déclaré M. Ianoukovitch, précisant qu'il serait "vraisemblablement fait aujourd'hui ou demain".

Le président ukrainien a également dit avoir abordé ce sujet dans la matinée avec les ministres de la Santé et de l'Intérieur, ainsi qu'avec le procureur général, et leur avoir ordonné d'"apporter toute l'aide médicale nécessaire à l'opposante", lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue lituanienne Dalia Grybauskaite.

Ces déclarations sont intervenues au lendemain de celles de la déléguée parlementaire ukrainienne pour les droits de l'Homme, Nina Karpatchova, qui s'est dite lundi préoccupée par l'état de santé "très grave" de Mme Timochenko, incarcérée depuis août.

Critique

"L'état de Timochenko est très grave, elle ne pouvait même pas se lever du lit pendant qu'elle me parlait", a déclaré Mme Karpatchova, après avoir visité l'opposante dans sa cellule de prison. "Elle a besoin d'être examinée et soignée ailleurs qu'en prison", a-t-elle estimé.

Elle a précisé que Mme Timochenko avait "un problème dans les vertèbres lombaires", selon l'agence Interfax.

Les autorités pénitentiaires ont annoncé début octobre que Mme Timochenko souffrait de douleurs au dos et avait du mal à marcher, tout en affirmant que ces problèmes ne l'empêchaient pas d'être interrogée dans le cadre des autres enquêtes judiciaires qui la visent.

Les proches de l'opposante ont de leur côté assuré qu'elle ne pouvait plus marcher et devait rester allongée sur son lit dans sa cellule pendant les interrogatoires, dénonçant ces procédures comme des "tortures".