Un réseau d'immigration clandestine démantelé en Espagne et en France

Septante cinq personnes ont été arrêtées en France et en Espagne pour leur appartenance à un réseau d'immigration clandestine. La filière faisait passer des chinois en Europe et aux Etats-Unis.
07 août 2015, 11:39
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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La police espagnole a annoncé samedi le démantèlement d'un réseau qui introduisait illégalement des immigrés chinois en Europe et aux Etats-Unis en leur fournissant de faux passeports. Septante-cinq personnes ont été arrêtées en Espagne et en France.

Parmi elles figurent les deux principaux responsables en Europe de cette organisation, installés à Barcelone, a précisé dans un communiqué la police, qui a mené l'enquête avec son homologue française. Selon elle, 51 suspects ont été arrêtés en Espagne et 24 en France.

Les membres de ce réseau "touchaient entre 40'000 et 50'000 euros (49'000 à 61'500 francs) pour transporter, sous de fausses identités, des citoyens chinois aux Etats-Unis et dans des pays comme l'Espagne, la France, la Grèce, l'Italie, le Royaume-Uni, l'Irlande et la Turquie", précisent les enquêteurs.

Enquête complexe

La police espagnole, qui indique que ce réseau servait aussi, dans certains cas, à l'exploitation sexuelle d'immigrés, annonce avoir saisi 81 passeports falsifiés de pays asiatiques comme Taïwan, la Corée du Sud, la Malaisie, le Japon, Hong Kong et Singapour.

L'enquête sur ce réseau "complexe" avait démarré en juillet 2011. "La composition de cette organisation, parfaitement structurée, hiérarchisée, avec son plus haut responsable installé en Chine et des cellules indépendantes opérant dans différents pays, dans le plus grand hermétisme, a compliqué l'enquête", souligne la police.

Accompagnés par des passeurs

Le réseau cherchait en Chine des candidats au départ. En échange de 40'000 à 50'000 euros, il leur fournissait de faux passeports et les accompagnait tout au long du voyage par des "passeurs" - venant principalement de Chine et de Malaisie.

Ceux-ci étaient "des membres de pleine confiance de l'organisation et de profonds connaisseurs des aéroports et villes européennes parcourus" par les immigrés. Une fois leur mission accomplie, ils revenaient immédiatement dans leurs pays respectifs, "afin de rendre plus difficile leur localisation".

"L'Espagne était la dernière escale" du voyage, servant de "tremplin pour la destination finale, habituellement le Royaume-Uni ou les Etats-Unis", selon la police. A l'arrivée à l'aéroport de Barcelone, des "collaborateurs de l'organisation" venaient les chercher et leur fournissaient des logements sûrs, en attendant de terminer le voyage.

Méthodes en évolution constante

Le trajet suivi pour venir de Chine, de même que les documents utilisés pour voyager, "changeaient constamment en fonction des succès ou échecs obtenus dans les précédents voyages, des nécessités du marché ou des moyens d'éviter que ces 'passagers' soient repérés".

Dans deux logements barcelonais appartenant au réseau, la police a
saisi du matériel servant à fabriquer les faux passeports: des ordinateurs portables, des scanners, une vingtaine de faux tampons de divers postes-frontières, une loupe électronique...

Les images fournies par la police montrent également une arme à feu, des téléphones mobiles et des liasses de billets, en euros et en yuans, saisis lors de cette opération.