Un tiers des filles âgées de 15 à 19 ans violentées par leur mari ou leur partenaire

C'est un rapport de l'ONU qui l'affirme: dans le monde, entre 15 et 19 ans, une fille sur trois est victime de violences infligées par son mari ou son partenaire.
07 août 2015, 14:29
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Mariage précoce, forcé, viol, violences psychologiques... les filles sont victimes d'une multitude de formes de menaces.

Un tiers des filles âgées de 15 à 19 ans ont été victimes de violences infligées par leur mari ou leur partenaire. A l’échelle mondiale, près de 50% des agressions sexuelles concernent des filles de moins de 15 ans, selon l'ONU.

A l’occasion du 25 novembre, journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, l’Union interparlementaire (UIP) a lancé lundi à Genève un appel aux parlements de tous les pays pour qu'ils légifèrent afin de mettre fin aux violences faites aux filles.

"Même si l’on observe une progression lente mais sensible de la lutte contre la violence faite aux femmes, il y a peu de textes législatifs portant spécifiquement sur la violence faite aux filles. Il faut que le monde se réveille et prenne des mesures rapides et exhaustives pour remédier à cette situation", a affirmé le président de l’UIP, Saber Chowdhury.

Enlèvements au Nigeria

Cette année, l'enlèvement de plusieurs centaines d’écolières au Nigeria ainsi que le viol, le mariage forcé et l’esclavage sexuel imposés à des filles en Irak et en Syrie par l'Etat islamique (EI) ont mis en lumière les violences exercées contre les filles.

En plus des abus sexuels, physiques ou psychologiques auxquels les femmes sont aussi exposées, les petites filles sont par millions menacées d’être mariées précocement, excisées ou soumises à d’autres pratiques préjudiciables, indique l'UIP.

Le mariage des enfants reste une pratique répandue. Dans la majeure partie des pays en développement, une fille sur trois est mariée avant l’âge de 18 ans, une sur sept avant l’âge de 15 ans, selon les chiffres du Fonds mondial pour la population (FNUAP). Près de 3,3 millions de filles courent encore chaque année le risque d’être excisées.

Conséquences dévastatrices

Les conséquences sur la santé des victimes sont dévastatrices. Le taux de mortalité lié à la grossesse est deux fois plus élevé chez les filles mariées à un jeune âge que chez les femmes entre 20 et 30 ans.

"Les parlements ont la responsabilité et le pouvoir de protéger les filles. Il y a des solutions. On peut par exemple porter l’âge légal du mariage à 18 ans, prolonger la scolarité des filles pour retarder le mariage ou veiller à l’application effective des lois en vigueur", a expliqué M. Chowdhury.

Mardi, l’UIP organise au siège de l’ONU, en coopération avec ONU Femmes et le World Future Council, une manifestation qui vise à cartographier les lacunes législatives en matière de violence sexiste et à mettre en valeur les politiques qui ont prouvé leur efficacité.