Une Australienne renonce à la politique après une gaffe sur l'islam

Une série de gaffes sur l'islam a poussé vers la sortie une candidate australienne aux élections générales. La jeune femme de 27 ans s'est immédiatement vu nommer la Sarah Palin australienne.
07 août 2015, 11:39
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Stephanie Banister pense que l'islam est un pays et que la religion juive suit les préceptes de Jesus Christe.

Une candidate du parti nationaliste australien One Nation (Une nation) aux prochaines élections générales de septembre a annoncé samedi qu'elle renonçait à briguer un mandat. Elle a pris cette décision après avoir assimilé l'islam à un pays lors d'une interview.

Stephanie Banister, 27 ans, faisait campagne depuis seulement deux jours lorsqu'elle a fait sa gaffe lors d'une interview à la chaîne de télévision australienne Seven. L'extrait s'est rapidement propagé sur internet, où elle s'est vue affublée du surnom de "Sarah Palin australienne", en référence à l'ex-colistière du candidat républicain John McCain qui avait multiplié les gaffes lors de la campagne présidentielle américaine en 2008.

"Je n'ai rien contre l'islam en tant que pays, mais j'ai vraiment le sentiment que leurs lois ne devraient pas être acceptées ici en Australie", avait-elle déclaré lors de cette interview enregistrée mercredi.

Précepte de "haram"

La jeune femme avait également assuré que seulement 2% des Australiens suivaient les préceptes de "haram" - elle voulait apparemment parler du Coran - et avait ajouté à la confusion en apportant son soutien à la nourriture casher des juifs.

"Les juifs ne suivent pas haram. Ils ont leur propre religion qui suit Jésus Christ", avait-elle poursuivi, alors que le judaïsme ne considère pas Jésus comme le Messie.

Risée

Stephanie Banister a annoncé samedi qu'elle renonçait à briguer un mandat parlementaire dans l'Etat de Queensland pour le parti nationaliste One Nation, lors des élections générales du 7 septembre prochain.

La jeune mère de deux enfants, devenue la risée des médias australiens et d'une partie de ses compatriotes, a estimé avoir été victime d'un montage de l'interview destiné à la faire passer pour "une vraie idiote".

"J'aimerais présenter mes excuses à One Nation, à mes amis et à ma famille, pour la gêne occasionnée", a-t-elle déclaré à la presse. Le chef du parti Jim Savage a de son côté démenti avoir poussé la candidate vers la sortie.

"En raison de menaces contre la famille de Stephanie, contre elle-même et contre ses enfants, en raison des injures et de l'énorme pression qu'elle a subies, Stephanie a décidé de retirer sa candidature pour le siège de Rankin", a-t-il expliqué. "Nous l'avons accepté à regret".

Précédent

La fondatrice du parti ultra-nationaliste One Nation, la très controversée Pauline Hanson, avait elle-même fait des vagues en affirmant il y a plusieurs années que l'Australie était progressivement submergée par les Asiatiques.

 

L'interview de Stephanie Banister (en anglais):