Vatican: le synode sur la famille remet sa copie au pape

Après 3 semaines de débat, le synode sur la famille se termine. Résultats décevants sur les deux sujets les plus médiatiques, les divorcés remariés et les homosexuels. La réaction de Mgr Lovey, représentant de la Conférence des évêques suisses à ce synode.
24 oct. 2015, 16:14
/ Màj. le 24 oct. 2015 à 20:13
Les 270 pères synodaux doivent encore voter sur chacun des 94 articles du rapport.

Le synode sur la famille devait remettre au pape François son rapport final samedi en fin d'après-midi. Après trois semaines d'âpres débats, les résultats sont jugés décevants, faute de percée sur les sujets les plus sensibles.

Les 270 pères synodaux ont écouté dans la matinée une lecture du texte définitif, une fois incorporés d'ultimes amendements. Ils doivent encore voter sur chacun des 94 articles du rapport, une procédure prévue en toute fin d'après-midi.

S'il est possible que quelques passages n'obtiennent pas la majorité requise des deux tiers, l'adoption du texte ne fait pas de doute. Des conservateurs le trouvent "confus" et des progressistes l'estiment "timoré", mais la grande majorité jouent la carte du consensus.

Groupe ultraconservateur

Même si la plupart des participants se sont félicités de l'ouverture des débats, il y aura "des déçus", en particulier sur les deux sujets les plus médiatiques, les divorcés remariés et les homosexuels, a prévenu le cardinal Christoph Schönborn. L'archevêque de Vienne s'est exprimé lors d'un point de presse en début d'après-midi.

Sur le premier, un désaccord frontal entre une petite aile ultraconservatrice et une autre progressiste. Cette dernière souhaitant permettre à certains divorcés remariés, considérés par l'Eglise comme infidèles à leur premier -et unique- conjoint, d'avoir accès à la communion.

Un sujet tabou

"Le document présenté ce matin n'aborde pas la question de manière directe mais oblique, en donnant les critères fondamentaux pour discerner les situations. Il ne peut pas y avoir un simple oui ou non, les situations sont si différentes", a expliqué Mgr Schönborn.

En revanche, "vous ne trouverez pas grand-chose sur l'homosexualité", a-t-il prévenu. Il a expliqué que le thème est "trop délicat" pour être évoqué au niveau synodal, avec des prélats venant de pays où le sujet reste tabou.

Réaction de Mgr Lovey

Pour Jean-Marie Lovey, représentant de la Conférence des évêques suisses à ce synode, "un fil rouge relie toutefois les différentes parties du document, à savoir la nécessité de l'accompagnement pastoral des familles indépendamment de leur composition".

"La signification de la famille dans la société actuelle est très fortement soulignée", a-t-il relevé lors d'un entretien avec des médias suisses. Selon Mgr Lovey, "un message d'espoir émane du document final. Chaque situation doit être considérée isolément, sans jugement".

"Signes des temps"

Une fois voté, le texte de 50 pages doit "être remis au Saint-Père pour qu'il tranche sur les différents points", a précisé Romilda Ferrauto. Cette porte-parole, chargée de transmettre la teneur des débats menés à huis clos, a insisté sur le fait qu'il s'agirait donc surtout d'un message au pape et pas forcément au monde.

Le pape n'est pas tenu de rendre ce texte public. Tout indique toutefois que cela serait fait samedi dans la soirée.

Place des femmes

La place des femmes a fait l'objet de divergences. Certains prélats ont critiqué le manque d'ouverture de l'Eglise sur le sujet ou relevé l'incongruité de ces débats sur la famille menés quasi exclusivement par des hommes ayant fait voeu de célibat.