Viande de cheval: le scandale s'étend, perquisition dans une usine des Pays-Bas

Une entreprise des Pays-Bas a été perquisitionnée vendredi. Elle utilisait du cheval mélangé au bœuf dans un produit vendu "pur bœuf".
07 août 2015, 11:00
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Un échantillon de viande est testé pour y détecter des traces d'ADN de cheval.

Une perquisition a été menée vendredi dans une usine du sud des Pays-Bas qui mélangeait viande de cheval et de boeuf avant de la revendre labellisée "pur boeuf". Le même jour, les 27 Etats membres de l'Union européenne ont décidé de procéder à 2250 tests.

"La société néerlandaise transformait des carcasses de chevaux en provenance des Pays-Bas et d'Irlande en morceaux de viande et les mélangeait à des morceaux de viande de boeuf", a indiqué le Parquet dans un communiqué. L'entreprise, dont le nom n'a pas été cité, revendait ensuite ces mélanges comme étant de la viande "pur boeuf".
 
La liste des pays pris dans la tourmente ne cesse d'augmenter. Au Royaume-Uni, des tests ont déjà été réalisés par les industriels du secteur. De la viande de cheval a été détectée dans 29 produits censés être du boeuf, sur 2501 échantillons, a annoncé l'Agence de sécurité alimentaire britannique.
 
En Autriche, les autorités ont fait état de traces de viande de cheval dans des tortellini qui n'auraient dû contenir que du boeuf. Des traces de viande de cheval non déclarée ont été trouvées dans des "tortelloni viande de boeuf" fabriqués en Allemagne et vendus par la chaîne de magasin à bas prix Lidl, ont annoncé les autorités autrichiennes.
 
L'Agence autrichienne pour la santé et la sécurité alimentaire (Ages) a précisé que ces "Tortelloni Rindfleisch (viande de boeuf)" étaient fabriquées par "l'industriel allemand Gusto GmbH" pour Lidl, dans un communiqué.
 
Le groupe allemand de distribution Lidl a indiqué dans un communiqué ne pas avoir encore reçu le rapport autrichien, mais il a immédiatement retiré ces produits des rayons "jusqu'à ce que les faits soient clairement établis".
 
Longue liste
 
En Norvège, le groupe de grande distribution NorgesGruppen a annoncé que de la viande de cheval avait été retrouvée dans des lasagnes vendues dans ses magasins puis retirées des rayons.
 
Au Danemark, le ministère de l'alimentation a indiqué avoir ouvert une enquête sur un abattoir qui pourrait avoir introduit du cheval dans de la viande présentée comme du boeuf destinée à des fabricants de pizza.
 
Les autres pays touchés jusqu'ici sont la France, l'Allemagne, la Suisse et la Suède. A ce jour, les autorités assurent qu'il n'y a pas de risque pour la santé humaine.
 
Spanghero dément
 
Les 27 Etats membres de l'UE se sont mis d'accord vendredi pour procéder à environ 2250 tests. De 10 à 150 tests sont prévus dans chaque pays, principalement au niveau des distributeurs, sur des produits alimentaires destinés aux consommateurs.
 
Selon l'agence française anti-fraudes, le scandale concerne 750 tonnes de viande dont 550 tonnes ont servi à la fabrication de plus de 4,5 millions de plats frauduleux vendus dans 13 pays européens.
 
Toujours selon cette agence, Spanghero, fournisseur de viande des surgelés Findus, a "réceptionné" pendant six mois en pains de 25 kilos 750 tonnes de viande de cheval, "avec l'étiquette douanière" correspondant bien à de la viande de cheval, comme l'ont montré les factures saisies entre un trader chypriote et la société française.
 
Implantée à Castelnaudary, dans le sud-ouest de la France, cette entreprise emploie quelque 300 personnes, au chômage technique depuis la décision jeudi des autorités françaises de lui retirer son agrément sanitaire.
 
"Je ne sais pas qui" est à l'origine de cette fraude, "mais c'est forcément pas nous", a déclaré vendredi le patron de Spanghero, Barthélémy Aguerre, à la radio "Europe 1". "J'ai été sidéré" par les accusations des autorités françaises, a-t-il déclaré.
 
"Un peu vite"
 
Jeudi, plusieurs ministres français avaient porté des accusations graves contre Spanghero, accusée de "tromperie économique", assurant que la société savait qu'elle revendait comme viande de boeuf de la viande chevaline et qu'elle avait trompé ses clients.
 
"Le gouvernement est allé un peu vite" et "je pense que je vais faire la preuve de notre innocence, de mon innocence en tout cas, et de l'innocence de mes collaborateurs", a fait valoir le directeur.