Violences et arrestation, lors d'une manifestation contre la Serbie

Une manifestation au Kosovo a tourné aux échauffourées ce lundi. Les Kosovars protestaient contre la reprise du dialogue avec la Serbie.
06 août 2015, 14:54
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les centaines de Kosovars albanais manifestaient contre la reprise du dialogue entre le Kosovo et la Serbie.

Vingt-deux personnes, dont 18 policiers, ont été blessées lors d'échauffourées lundi à Pristina entre policiers et plusieurs centaines de Kosovars albanais qui manifestaient contre la reprise du dialogue entre le Kosovo et la Serbie, a indiqué la police kosovare. Et 26 manifestants ont été arrêtés.

Réunis à l'appel du mouvement Autodétermination, troisième force parlementaire au Kosovo, les manifestants massés devant le bâtiment du gouvernement protestaient contre la "normalisation" des relations entre Pristina et Belgrade, sous la houlette de l'Union européenne (UE), a rapporté un journaliste de l'AFP sur place. Un important dispositif policier en tenue antiémeute était présent.
 
Les manifestants jetaient des pierres et les forces de l'ordre ripostaient par des gaz irritants pour les repousser.
 
La police a indiqué dans un communiqué qu'elle avait arrêté 26 protestataires membres du mouvement Autodétermination, dont "plusieurs députés qui ont été immédiatement libérés après identification".
 
"Dix-huit policiers et quatre membres d'Autodétermination ont été blessés dans les échauffourées", a précisé cette même source.
 
"La Serbie est un Etat anormal"
 
La rencontre vendredi à Bruxelles entre le Premier ministre serbe, Ivica Dacic, et son homologue kosovar, Hashim Thaçi, sous l'égide de l'UE, a provoqué une vive colère des sympathisants du mouvement Autodétermination. Il s'agit d'une première étape d'un dialogue qui doit se poursuivre "prochainement" après des mois d'interruption.
 
"Nous protestons contre la rencontre entre Thaçi et Dacic, contre le dialogue politique (avec la Serbie) (...). La Serbie est un Etat anormal avec lequel nous ne voulons pas normaliser nos relations", a déclaré à l'AFP Albin Kurti, le leader d'Autodétermination.
 
M. Thaçi "amnistie et réhabilite la Serbie et lui permet ainsi de poursuivre sa voie vers l'adhésion à l'Europe. Ce lundi ne peut pas être une journée de travail normale pour le gouvernement après ce qui s'est passé vendredi", à Bruxelles, a-t-il tonné.
 
Discussions au point mort
 
La réunion Thaçi-Dacic à Bruxelles était la première à ce niveau depuis l'ouverture en mars 2011 de ce dialogue, au point mort depuis le printemps dernier.
 
Le Kosovo a unilatéralement proclamé en 2008 son indépendance. Belgrade la rejette et souhaite négocier le futur statut du territoire.
 
La reprise des pourparlers et l'obtention de résultats concrets dans la normalisation des relations sont les conditions imposées par l'UE à la fois à Belgrade et à Pristina pour poursuivre leur rapprochement avec l'Union européenne.