Violents combats à Alep avant une offensive majeure de l'armée

Les forces régulières, appuyées par l'artillerie lourde, livraient jeudi bataille aux rebelles dans plusieurs quartiers d'Alep, avant une offensive majeure attendue pour en reprendre le contrôle.
06 août 2015, 10:40
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Alep, métropole du nord de la Syrie, en proie depuis une semaine à de violents combats, est devenue un enjeu décisif du conflit.

La métropole du nord de la Syrie, en proie depuis une semaine à de violents combats, est devenue un enjeu décisif du conflit.

A Damas, où l'armée a reconquis la plupart des quartiers, des affrontements se poursuivaient, notamment dans le quartier Hajar al-Aswad, où sont regroupés les rebelles, après des violences dans le camp palestinien de Yarmouk au sud de la capitale syrienne.
 
A Alep, deuxième ville du pays, l'armée a bombardé en soirée le quartier Salaheddine tenu par les rebelles, ainsi que d'autres secteurs de la cité, en proie également à des combats, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Plusieurs explosions ont été entendues.
 
A Salaheddine, des centaines de rebelles se préparent à une offensive majeure de l'armée contre la ville. Plusieurs hélicoptères tournaient au-dessus des habitations et mitraillaient le sol. Les habitants du quartier, eux, fuyaient en masse - les femmes et les enfants surtout, le plus souvent à bord de camionnettes.
 
Les violences - pilonnage, opérations de l'armée et combats entre soldats et rebelles - ont touché d'autres villes, notamment Deraa (sud) bombardée par des hélicoptères, et Damas et sa région, selon l'OSDH qui recense au moins 121 morts - 64 civils, 32 soldats et 25 insurgés.
 
Dans le même temps, 1500 à 2000 rebelles sont arrivés de l'extérieur pour prêter main-forte à quelque 2000 de leurs camarades, a ajouté cette source, selon laquelle les insurgés se trouvent surtout dans les quartiers périphériques du sud et de l'est et tiennent les routes menant à l'aéroport.
 
"Si Alep tombe..."
 
Si Alep tombe, "le régime est fini et les deux adversaires le savent", a estimé mercredi Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH. Le journal "Al-Watan", proche du régime, titrait jeudi: "Alep, la mère des batailles".
 
Selon un correspondant de l'AFP, les combattants de l'Armée syrienne libre (ASL) se sont emparé mercredi du commissariat du quartier Chaar, arrêtant des policiers, en blessant certains et en tuant d'autres.
 
L'UNESCO a fait part de son inquiétude. Sa directrice générale Irina Bokova a demandé à "toutes les parties impliquées dans le conflit" en Syrie d'"assurer la protection de l'héritage culturel exceptionnel" d'Alep.
 
Avec la recrudescence des violences, la crise humanitaire s'est considérablement aggravée ces "quatre ou cinq derniers jours", ont affirmé des experts de l'Union européenne. Le nombre de réfugiés entrant en Jordanie est passé cette semaine à 1300 par jour, contre 400 à 500 il y a quelques semaines.
 
Activisme saoudien
 
Sur le plan diplomatique, l'Arabie saoudite, qui soutient l'opposition, va proposer dans les prochains jours à l'Assemblée générale de l'ONU une résolution qui fera référence à la menace de Damas d'utiliser ses armes chimiques, selon l'ambassadeur saoudien à l'ONU.
 
Cette initiative fait suite à l'échec jeudi dernier d'une résolution occidentale menaçant Damas de sanctions, à la suite des veto russe et chinois.
 
Le patron de l'ONU Ban Ki-moon a dénoncé un "carnage" en Syrie et fustigé la communauté internationale pour ne pas protéger les civils, lors d'une visite à Srebrenica (Bosnie), où il a déploré l'échec de l'ONU à empêcher le génocide commis en 1995.
 
Sur le plan politique, le général dissident Manaf Tlass a dit préparer une feuille de route pour une sortie de crise impliquant d'"honnêtes" gens au sein du régime mais sans M. Assad, dans un entretien au quotidien arabe "Asharq Al-Awsat".
 
Par ailleurs, Israël a renforcé la sécurité le long de sa ligne d'armistice avec la Syrie, "de peur que des réfugiés ne tentent de la franchir", a indiqué une source de sécurité.