Vladimir Poutine nomme d'ex-ministres aux postes influents au Kremlin

Une série d'ex-ministres sont nommés dans la puissante administration présidentielle russe, par Poutine.
06 août 2015, 09:36
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Le président russe Vladimir Poutine a nommé mardi une série d'ex-ministres dans la puissante administration présidentielle, après avoir maintenu la veille ses proches aux postes clés du gouvernement, faisant planer le doute sur sa volonté de réformes.

Le président russe Vladimir Poutine a nommé mardi une série d'ex-ministres dans la puissante administration présidentielle, après avoir maintenu la veille ses proches aux postes clés du gouvernement, faisant planer le doute sur sa volonté de réformes.

Au lendemain de l'annonce de la composition du nouveau gouvernement russe dirigé par Dmitri Medvedev, où sont apparues quelques nouvelles têtes mais dans lequel ses plus proches alliés ont gardé l'essentiel des postes clés, M. Poutine a signé un décret nommant l'essentiel des ex-ministres non reconduits à d'influents postes dans les arcanes du pouvoir.

L'ex-ministre de l'Intérieur, Rachid Nourgaliev, dont le mandat a été entaché ces derniers mois par un vaste scandale de tortures policières, devient secrétaire adjoint du Conseil de sécurité.

Ceux du Transport Igor Levitine, du Développement économique Elvira Nabioullina, de l'Education Andreï Foursenko, de la Santé Tatiana Golikova, de la Communication Igor Chtchegolev, et des Ressources naturelles Igor Troutnev, ont pour leur part été nommés à des postes de conseillers au Kremlin.

"Répartition des postes au sein du clan"

"Ce n'est pas la formation d'une équipe politique, mais une répartition des postes au sein du même clan", critique Iouli Nisnevitch, professeur à l'Ecole supérieure d'Economie, interrogé par l'AFP. "Poutine ne laisse jamais tomber les siens", commente pour sa part Dmitri Orechkine, analyste indépendant.

"Ceux qui se sont montrés loyaux envers lui peuvent toujours servir (...) Il faut les garder sous son contrôle, auprès de soi, au sein du système", poursuit-il.

Par ailleurs, tous ces remaniements prouvent que les "décisions clés seront prises au Kremlin", par M. Poutine, et non par le chef du gouvernement, M. Medvedev, soulignait mardi le quotidien économique "Vedomosti".

Même s'il a passé quatre ans à la tête du gouvernement, après avoir effectué deux mandats présidentiels entre 2000 et 2008, Vladimir Poutine est resté l'homme fort du pays.

Réélu en mars pour un troisième mandat porté à six ans par une réforme constitutionnelle, il a nommé son cadet, qu'il avait propulsé au Kremlin en 2008 alors qu'il ne pouvait enchaîner un troisième mandat consécutif à la fonction suprême, au poste de Premier ministre.

Réponse à la contestation

Un échange de postes qui a irrité un grand nombre de Russes et qui est l'une des raisons de la vague de contestation du régime depuis décembre.

Face à ce mécontentement, le président russe a fixé pour son nouveau mandat des objectifs plus qu'ambitieux afin de propulser la Russie aux premières places de l'économie mondiale et réduire sa dépendance aux exportations d'hydrocarbures, véritable épée de Damoclès qui pèse sur le pays.

Mais "parler de modernisation avec un tel gouvernement fait plutôt rire", estime M. Nisnevitch. "Le gouvernement n'a visiblement aucune stratégie, aucun programme politique, il semble touché par l'inertie et continuera à agir dans les mêmes cadres budgétaires, sans apporter de nouvelles idées", renchérit Gleb Pavlovski, un ancien conseiller du Kremlin.

D'autant plus que la plupart des nouveaux arrivants au gouvernement sont quasi-inconnus et n'ont aucune expérience en tant que politique, observe "Vedomosti".