Washington et Tokyo s'affirment face à Pyongyang

Barack Obama a affirmé vendredi aux côtés du nouveau premier ministre japonais que leurs pays étaient engagés à des «actes forts» vis-à-vis de la Corée du Nord. Les deux reponsables faisaient référence à la «provocation» qu constitue le troisième essai nucléaire du Pyongyang.
07 août 2015, 11:02
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Barack Obama a affirmé vendredi que le pays était engagé à  des «actes forts» vis-à-vis de la Corée du Nord, faisant référence à la «provocation» que constitue le troisième essai nucléaire de Pyongyang.

M. Obama, qui recevait Shinzo Abe dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, a assuré face aux journalistes que Washington et Tokyo avaient parlé de leur «inquiétude vis-à-vis des actes de provocation entrepris par la Corée du Nord», et de leur «détermination à des actes forts en réaction» à l'essai du 12  février.

M. Abe, dont le parti de droite est sorti vainqueur des législatives de décembre, et qui est partisan d'une ligne dure face à la Corée du Nord, a indiqué pour sa part qu'il partageait l'opinion de M. Obama sur la nécessité d'une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant Pyongyang.

«Nous ne pouvons pas tolérer les actes de la Corée du Nord, comme le lancement de missiles et un essai nucléaire», a affirmé M. Abe. «Nous nous sommes mis d'accord pour coopérer mutuellement afin de gérer le dossier nord-coréen de façon résolue», a-t-il ajouté.

MM. Obama et Abe s'exprimaient à l'issue d'un entretien dans le Bureau ovale, qui devait être suivi d'un déjeuner de travail. Lors d'un récent entretien téléphonique consacré en particulier à la Corée du Nord, M. Obama avait réaffirmé à M. Abe l'engagement américain à protéger le Japon, y compris grâce au «parapluie nucléaire».

Vu de Tokyo, cette visite était l'occasion de renforcer les relations entre les deux alliés, dégradées selon le camp de M. Abe sous les gouvernements de centre-gauche précédents, alors que le Japon s'inquiète des visées nucléaires de Pyongyang et fait aussi face à une grave crise avec la Chine sur des questions territoriales.

Termes mesurés à l'égard de la Chine
Vendredi, les deux dirigeants ont toutefois employé des mots relativement mesurés vis-à-vis de Pékin, qui dispute à Tokyo la souveraineté sur des îles situées en mer de Chine orientale, les Senkaku selon la toponymie japonaise, les Diaoyu pour les Chinois.

«Nous pensons que l'existence même de l'alliance américano-japonaise constitue un facteur de stabilité, qui contribue à la paix (...) dans la région», a remarqué M. Abe. «J'ai aussi expliqué (à M. Obama) que nous avions traité le dossier des Senkaku de façon calme. Nous l'avons toujours fait et nous continuerons à le faire», a-t-il affirmé.
Pour sa part, M. Obama a assuré que «le Japon est l'un de nos alliés les plus proches, et l'alliance américano-japonaise constitue le pilier central de notre (dispositif) de sécurité dans la région, et de nombre de nos opérations dans la zone Pacifique».