Washington reporte un essai de missile pour éviter le quiproquo

Le Pentagone a reporté un essai de missile balistique intercontinental qui devait avoir lieu en Californie la semaine prochaine. Ce report est lié aux tensions autour de la question nucléaire avec la Corée du Nord, a indiqué un responsable américain de la Défense samedi.
07 août 2015, 11:12
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, a décidé de reporter l'essai d'un missile balistique intercontinental à ogives nucléaires.

Cette source a précisé que le secrétaire américain à la défense, Chuck Hagel, avait décidé de reporter l'essai d'un Minuteman 3, missile balistique intercontinental à ogives nucléaires, depuis la base aérienne de Vandenberg, jusqu'au mois prochain. Le Pentagone s'inquiète du fait que cela "puisse être considéré comme exacerbant la crise en cours avec la Corée du Nord".

"Nous voulons éviter une mauvaise perception ou une manipulation", a ajouté ce responsable. "Nous nous sommes engagés à tester nos missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) pour garantir un arsenal sûr, fiable et efficace", a-t-il toutefois rappelé.
 
Déclarations belliqueuses
 
Pyongyang a multiplié ces dernières semaines les déclarations belliqueuses, furieux du nouveau train de sanctions adopté par l'ONU après son nouvel essai nucléaire début février et des manoeuvres militaires conjointes en cours entre les Etats-Unis et la Corée du Sud.
 
L'annonce du Pentagone intervient alors que Pyongyang a installé un deuxième missile de moyenne portée sur sa côte est et menace d'effectuer des frappes, y compris nucléaires, sur des objectifs américains.
 
Le Musudan aurait une portée de 3000 kilomètres, soit la capacité d'atteindre la Corée du Sud ou le Japon. Avec une charge légère, il pourrait toucher des cibles à 4000 kilomètres, et donc, en théorie, frapper Guam, île du Pacifique située à 3380 km de la Corée du Nord et où sont stationnés 6000 soldats américains.
 
Réacteur nucléaire
 
Les dernières crises entre Pyongyang et la communauté internationale remontent à décembre dernier avec le lancement réussi d'une fusée, considéré comme un tir d'essai de missile balistique, puis à février avec un troisième essai nucléaire.
 
Et dans son bras de fer avec le reste du monde, la Corée du Nord a été plus loin mardi en annonçant son intention de redémarrer un réacteur nucléaire arrêté en 2007 malgré les résolutions de l'ONU lui interdisant tout programme atomique.
 
Puissance nucléaire militaire depuis son premier essai en 2006, la Corée du Nord avait accepté en 2007 d'interrompre ses activités atomiques en échange d'une aide économique et de garanties de sécurité.
 
Mais Pyongyang a toujours refusé les inspections de ses installations et s'était retiré en décembre 2008 des négociations à Six sur son programme nucléaire associant la Chine, les Etats-Unis, le Japon, la Russie et les deux Corées.