World Press Photo: un photographe perd son prix à cause d'informations trompeuses

Le photographe italien Giovanni Troilo s'est vu retirer son World Press Photo pour une série de clichés de la ville belge de Charleroi, qui portait préjudice à la ville selon son maire.
07 août 2015, 15:09
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39

Le World Press Photo a retiré mercredi son prix attribué au photographe italien Giovanni Troilo pour un portrait de la ville belge de Charleroi. Le maire lui avait adressé une lettre de protestation estimant que ses photos portaient préjudice à la ville et ses habitants.

"Après avoir reçu de nouvelles informations", le prestigieux concours de photojournalisme a indiqué mercredi dans un communiqué avoir "rouvert son enquête hier (mardi)" et conclu que la série de clichés "n'est pas conforme à ses règles" et que "le prix doit donc être retiré".

Cette série de dix clichés, "La ville noire", avait reçu en février le premier prix de la catégorie Problématiques contemporaines. Elle dépeint une ville rongée par la pauvreté, aux habitants marqués par le déclin industriel. Mais le maire de Charleroi, Paul Magnette, avait jugé que les photos constituaient une "sérieuse déformation de la réalité portant préjudice à la ville et à ses habitants".

Dans un premier temps, le World Press Photo avait confirmé lundi l'attribution du prix et rejeté l'argument de M. Magnette selon lequel certains clichés constituaient des "mises en scène".

Photo prise à Molenbeek

Mais les organisateurs du concours ont "appris que la photo d'un peintre créant une oeuvre avec des modèles vivants avait en fait été prise à Molenbeek", l'une des communes de la capitale belge, Bruxelles, et non à Charleroi.

"Troilo a confirmé par téléphone et par email que l'image n'avait pas été prise à Charleroi, contrairement à ce qu'il avait affirmé en la présentant au concours. Cette information falsifiée constitue une violation des règles du concours", explique le World Press Photo.

"Informations trompeuses"

"Jusqu'ici, nous avions maintenu le prix car il n'y avait pas de preuve tangible qu'une règle avait été enfreinte. Nous avons pris la question au sérieux et compris les enjeux. Nous voulions éliminer tout doute", explique-t-il encore, regrettant que des "informations trompeuses" aient été données par le photographe dans "un concours basé sur la confiance".

Retrouvez la série de clichés en cliquant sur ce lien.