Des chercheurs suisses font progresser la greffe de la main

Les greffés de la main devraient pouvoir se passer de médicaments anti-rejets grâce à un traitement mis au point par des chercheurs de l'hôpital de l'Ile à Berne.
07 août 2015, 11:41
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Le traitement imaginé par les chercheurs de Berne se concentre sur les membres greffés.

Une nouvelle technique devrait permettre aux patients qui viennent de subir une greffe de la main de ne plus devoir prendre des médicaments pour éviter un rejet. Un traitement local du membre greffé rend ce résultat possible, ont découvert des chercheurs de l'Hôpital de l'Ile et de l'Université de Berne. 

En cas de greffe de la main, le système immunitaire de la plupart des patients doit être inhibé par des médicaments afin que l'organisme ne rejette pas les tissus greffés, explique l'équipe de chercheurs dirigée par le docteur Thusitha Gajanayake mercredi. Or, l'immunosuppression totale entraîne de nombreux effets secondaires indésirables.

Les scientifiques de l'Université de Berne ont mis au point une nouvelle technique qui permet d'éviter cette prise de médicaments fastidieuse. Le traitement développé se concentre sur les membres greffés.

Les résultats obtenus lors des essais de laboratoires sur des rats "semblent très prometteurs", se réjouit le professeur Robert Rieben, du département de recherche clinique de l'hôpital de l'Ile, cité dans le communiqué. "Un seul traitement a suffi pour bloquer complètement la réaction de rejet."

Cette méthode laisse espérer aux patients une meilleure qualité de vie, car l'immunosuppression pourra être réduite voire évitée, estiment les chercheurs. Début septembre, des spécialistes internationaux des Etats-Unis, d'Inde et d'Autriche viendront à Berne pour discuter de cette nouvelle technique. A terme, les chercheurs espèrent pouvoir pratiquer des greffes de main en Suisse.