France: décès du patient au coeur artificiel

75 jours après avoir reçu la prothèse cardiaque de l'entreprise française Carmat, le patient est décédé dimanche à l'Hôpital européen Georges-Pompidou à Paris.
07 août 2015, 13:26
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
La première implantation

Le malade ayant bénéficié en décembre de la première implantation d'un coeur artificiel de l'entreprise française Carmat est décédé dimanche. L'homme âgé de 76 ans souffrait d'une insuffisance cardiaque terminale, a annoncé l'Hôpital européen Georges-Pompidou lundi à Paris.

Le malade est décédé 75 jours après avoir reçu cette prothèse cardiaque, porteuse de grands espoirs pour des patients ne pouvant bénéficier d'une greffe. Les causes de la mort "ne pourront être connues qu'après l'analyse approfondie des nombreuses données médicales et techniques enregistrées", a précisé l'établissement.

Dans son communiqué, l'hôpital précise que les médecins impliqués dans les soins "désirent souligner l'importance des premiers enseignements qu'ils ont pu tirer de ce premier essai clinique". La confiance, le courage et la volonté du malade ont aussi été salués.

Souffrant d'insuffisance cardiaque terminale, le patient dont l'identité n'a pas été rendue publique, avait été choisi pour recevoir le premier coeur artificiel autonome Carmat pour pallier la pénurie de coeurs à greffer mais aussi apporter une solution aux contre-indications à la transplantation.

Des coeurs artificiels sont implantés dans le monde depuis une dizaine d'années, mais il s'agit de machines temporaires, posées dans l'attente d'une greffe. En outre, jusqu'à présent la mise en place de "coeurs artificiels" devait être accompagnée de traitements anti-coagulation lourds, ce qui avait pour gros inconvénient d'accroître fortement les risques d'hémorragie.

Pour les plus fortunés

L'espoir avec Carmat est précisément de se passer de tels traitements. Cette première phase destinée à "tester la sécurité de la prothèse" et portant sur un total de quatre patients, devait être suivie par une deuxième phase, avec une vingtaine de patients, focalisée sur des "aspects qualitatifs d'efficacité" de la prothèse conçue pour durer "au moins cinq ans", selon l'entreprise.

Aucune réaction n'a pu être immédiatement obtenue auprès de la société Carmat, cotée en bourse. Elle avait annoncé dès le 20 décembre que plusieurs autres implantations auraient lieu prochainement à Paris et en province.

Mais tous les patients en insuffisance cardiaque ne pourront pas en bénéficier. Cet appareil de 900 grammes, plus lourd qu'un coeur humain (300 g), ne peut pour l'instant être implanté que chez des personnes corpulentes : il est compatible avec 70% des thorax des hommes et 25% de ceux des femmes.

Autre obstacle, le prix. Ce coeur high-tech coûte environ 160'000 euros, autant qu'une greffe et ses suites opératoires. Seuls les plus fortunés pourront se l'offrir.