Le remboursement de l'IVG devrait être maintenu par le National

Alors que le débat la suppression du remboursement de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) fait rage au Conseil national, la tendance serait au rejet de l'initiative.
07 août 2015, 11:14
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
L'initiative "financer l'avortement est une affaire privée" vise à ce que les avortements soient biffés du catalogue des prestations remboursées par l'assurance maladie de base.

L'initiative visant à supprimer le remboursement des interruptions volontaires de grossesse (IVG) ne devrait pas convaincre les conseillers nationaux. La Chambre du peuple s'est lancée mercredi dans un débat marathon. Mais la majorité des orateurs s'est déjà prononcée contre le texte lancé par les milieux anti-avortement.

L'initiative "financer l'avortement est une affaire privée" vise à ce que les avortements soient biffés du catalogue des prestations remboursées par l'assurance maladie de base. Seules "de rares exceptions concernant la mère" seraient tolérées. Selon les initiants, il s'agirait notamment des cas de viols ou dans lesquels la vie de la femme enceinte est en danger.
 
Les partisans de l'initiative, à l'instar de Toni Bortoluzzi (UDC/ZH), jurent leurs grands dieux ne pas vouloir interdire les IVG, comme le réclame une autre initiative qui vient d'être lancée, mais lutter contre sa banalisation. On peut éviter une grossesse grâce à la contraception, a avancé le Zurichois.
 
Il faut assumer ses responsabilités, a-t-il lancé. La prise en charge des frais, entre 800 et 1000 francs, par les personnes concernées est supportable, selon lui. Le texte est soutenu par la droite conservatrice et recrute surtout des partisans dans les rangs de l'UDC, du PDC et du PEV.
 
Contre les femmes
 
Il n'y fait toutefois de loin pas l'unanimité. Au nom du groupe démocrate-chrétien, le Thurgovien Christian Lohr a ainsi appelé au rejet de l'initiative, qui remet en question le principe de la solidarité. S'en prendra-t-on ensuite aux personnes âgés ou aux handicapés ? a-t-il lancé . Selon le député, on peut très bien dire "oui à la vie" tout en respectant la liberté personnelle.
 
Lorsqu'en 2002, le peuple a accepté de dépénaliser l'avortement, il a, dans la foulée, aussi donné son aval au remboursement par l'assurance maladie, a fait valoir Barbara Schmid-Federer (PDC/ZH) au nom de la commission. L'initiative s'en prend à des personnes qui doivent déjà porter la lourde responsabilité d'un choix douloureux et définitif.
 
Ce texte aurait pour conséquence que seules les femmes les plus riches pourraient se payer une telle intervention. Les autres risquent de ne plus tourner vers des prestations médicales pour avorter, ce qui serait dangereux pour la santé, a fait valoir la Zurichoise.
 
Contradictions
 
Les arguments des initiants sont en outre contradictoires, a ajouté Jean-François Steiert (PS/FR). Ils déclarent qu'il s'agit d'une question purement éthique mais avancent d'autre part l'argument d'une baisse des coûts de l'assurance maladie. Or la facture se limite à huit millions de francs, soit 0,03% des frais. La multiplication des recours aux faiseuses d'ange coûterait plus cher.
 
Selon Yvonne Gilli (Verts/SG), l'initiative rate son autre cible. L'Autriche, qui ne rembourse pas les IVG, a un des taux d'avortement les plus hauts du monde, alors qu'il est parmi les plus bas en Suisse.