Une étude scientifique nous explique pourquoi on sous-estime son ébriété quand on est avec des potes ivres

"Non, moi, ça va, je gère." Quand on a bu plus que de raison et qu'on est avec des amis qui, eux aussi ont commencé le voyage vers Soleure, on juge son état par rapport à celui des autres. Donc, à tous les coups, on sous-estime largement son ébriété. Et ça, ce sont de très sérieux scientifiques de l'université de Cardiff, au Pays-de-Galles, qui nous l'expliquent.
04 oct. 2016, 15:52
/ Màj. le 24 août 2018 à 14:21
Quand on a trop bu, on regarde d'abord les autres et on se dit qu'on ne va pas si mal.

Quand on a trop bu, on sait à peu près tous que, question lucidité, on perd un peu les pédales. Entre le moment où on sirote tranquillement un verre de blanc à l'apéro et celui où l'on est capable de battre Lara Gut sur n'importe quelle piste de ski les yeux fermés, il n'y a parfois qu'un clin d'oeil. 

Du côté du Pays-de-Galles, à Cardiff, on s'est très sérieusement penché sur ce curieux phénomène où notre capacité de jugement part en vacances pour quelques heures. Des chercheurs de l'université locale, emmenée par le professeur Simon Moore, ont étudié le comportement de plus de 1800 jeunes gens, 60% de garçons et 40% de filles, âgés en moyenne de 27 ans. 

Et les résultats sont plutôt surprenants. En résumé, quand on est entouré par des gens qui ont consommé de l'alcool, on les regarde et on se dit qu'on est moins saoul qu'eux. Alors que, si l'on a bu un verre ou deux et que l'on est avec des amis qui sont à l'eau plate, on est conscient que l'on a un coup dans l'aile et on aura tendance à ralentir sa consommation. On ne se juge pas en fonction de sa consommation, mais de son entourage. Si on est ivre, mais avec des gens qui le sont aussi, on pense que tout va bien et que l'on ne prend pas de risque ni à court, ni à long terme.

Les chercheurs ont posé quatre questions à leurs cobayes, interrogés dans des bistrots de la capitale galloise entre 20 heures et 3 heures du matin. «À quel point êtes-vous ivre en ce moment?», «Avez-vous beaucoup bu ce soir?», «Si vous buvez autant que ce soir chaque semaine, cela risque-t-il de nuire à votre santé dans les 15 prochaines années?» et «Si vous buvez autant que ce soir chaque semaine, quelle est la probabilité que vous souffriez d’une cirrhose du foie dans les 15 prochaines années?». 400 personnes ont répondu à toutes les questions et tout le monde a dû souffler dans un éthylotest.

 

par Olivier Hugon