Alan Roura participera au Vendée Globe avec le bateau de Bernard Stamm

Le Versoisien Alan Roura (23 ans) va s’attaquer au Vendée Globe. Le marin sera le plus jeune skipper de l’histoire de cette régate. Il naviguera sur l'ancien 60 pieds de Bernard Stamm.
06 avr. 2016, 10:38
/ Màj. le 06 avr. 2016 à 10:40
Alan Roura sur le 60 pieds construit par Bernard Stamm.

Le 6 novembre, Alan Roura (23 ans) prendra le départ du mythique Vendée Globe. Seul Suisse et plus jeune concurrent de la huitième édition de cette course autour du monde par les trois caps, en solitaire, sans escale et sans assistance. Comment le marin romand appréhende-t-il cette épreuve? «C’est une envie que j’ai depuis un moment déjà. Depuis la Mini en fait. C’est un peu le rêve ultime. Maintenant j’ai un super bateau, donc on y va», explique Alan Roura.

Question bateau, il est servi: il a récupéré le célèbre «Superbigou» que Bernard Stamm avait construit de ses mains à Lesconil, en Finistère sud, pour participer à l’édition 2000 de ce même Vendée. A 23 ans, est-on assez affûté pour se lancer dans un Vendée Globe? Le Versoisien n’élude pas la question: «Je n’ai peut-être pas encore la somme d’expérience que certains peuvent avoir sur un 60 pieds IMOCA, c’est sûr, mais ça fait aussi vingt ans que je navigue. J’ai trois gros projets derrière moi et pas loin de 100 000 milles nautiques au compteur. Ca fait un bon bout de temps que je m’entraîne. Sur un Vendée Globe, il ne faut pas forcément être le meilleur compétiteur, il faut avant tout être le meilleur marin, et je pense avoir un bon esprit marin. Le Vendée Globe, c’est une grande aventure qu’il faut vivre, mais je suis aussi conscient que je n’ai pas un bateau qui me permettra de le gagner. Ce bateau n’est pas de dernière génération.»

Avec les conseil de Bernard Stamm, himself

Faire revivre le «Superbigou» de Bernard Stamm le temps d’un Vendée Globe représente une belle histoire aussi pour le Versoisien: «C’est génial, parce que Bernard est quelqu’un d’assez incroyable. Il a vraiment fait évoluer la voile, il a réalisé de belles choses et ce bateau-là était son premier bébé. Ce 60 pieds est magique, mais il est très physique, à l’image de Bernard! Il faut vraiment se battre pour le faire marcher. Bernard a toujours été un peu mon idole, donc c’est une sorte de rêve qui se réalise, de pouvoir naviguer avec le bateau de son idole. On vient de passer toutes les jauges. Le bateau est aux petits oignons. Il a subi un lifting express: agrandissement et amélioration de la cellule de vie en supprimant le ballast arrière, sur les conseils de Bernard Stamm himself. Le mât, la quille et les safrans ont été contrôlés. On a aussi vérifié la coque entièrement. Elle est fiable. Certes c’est un vieux bateau, mais qui est toujours d’attaque au niveau performance.»

par Jean-Guy Python