Fondés sur un «délire», les Centurions brillent et ne demandent qu'à grandir

L'équipe de La Côte est en tête de la NSFL. Plongée dans un univers en voie de développement.
06 août 2015, 14:45
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les Centurions de La Côte (en blanc et noir) survolent le championnat de NSFL cette saison.

Aujourd’hui en tête du championnat de la NSFL – division romande indépendante comparable à la Ligue nationale B – les Centurions de La Côte ont des ambitions. Fondé il y a à peine sept ans, le club basé à Gland joue le titre, cette saison. Mais son objectif principal est extra-sportif: il vise à faire davantage connaître un sport pour le moment trop peu médiatisé.

Cinq victoires pour une seule défaite (ndlr: enregistrée dimanche dernier face au LUC 6-29). Le bilan comptable des Centurions de La Côte a de quoi donner des ailes.

Le potentiel d'un champion

Il faut dire que le club glandois s’est donné les moyens de briller dans cet exercice. «Nous avons enregistré des retours de joueurs ainsi que plusieurs arrivées de renforts, commente David De Matteis, l’un des fondateurs du club. Nous avons également une bonne équipe de juniors (ndlr: 2e la saison dernière, 1re il y a deux ans). Nous les intégrons dans la première équipe et ça fonctionne bien.» A trois journées de la fin de la saison régulière, les Centurions espèrent terminer dans les quatre, afin de participer aux play-offs pour le titre; un sacre que les Glandois – au mieux 3e en 2007 – ont pour objectif. «Au vu de l’équipe, des résultats et de la préparation que nous avons faits, nous avons le potentiel pour être champions», lâche celui qui est désormais responsable marketing du club de La Côte.

Aujourd’hui composée d’une cinquantaine de licenciés, l’organisation vaudoise veut encore grandir. Elle organise d’ailleurs des initiations pour les intéressés, les lundi et mercredi, de 19h30 à 21h30. «Sept ou huit personnes viennent à chaque fois lors de ces périodes qui coïncident avec nos entraînements. On les met sur le terrain d’à côté avec nos joueurs blessés. Ceux-ci leur apprennent alors les bases en douceur», livre David De Matteis. Evalué à 300 ou 400 francs, l’équipement complet du footballeur américain reste abordable. D’autant qu’il n’est pas à renouveler chaque année. «Ce n’est pas forcément plus cher que d’autres sports. Nous cherchons d’ailleurs à recruter», explique le fondateur du club, en 2005. «C’est grâce à mon cousin (ndlr: le président Daniele Genovese)que les Centurions existent, souligne-t-il encore.Sur un délire, nous avons eu l’idée de créer un club de football américain à Gland. Julien Pahud(ndlr: président d’honneur)nous a également aidé. Au début, ça a été dur, notamment pour trouver un terrain. Mais désormais, nous sommes heureux.»

Manque de médiatisation

Heureux, mais forcément encore plus ambitieux, pour leur sport, qui ne demande qu’à grandir en Suisse. «Ça prend gentiment de l’ampleur, notamment grâce à la RTS qui diffuse le Super Bowl, révèle David De Matteis. Notre but est de promouvoir ce sport pour que plus de gens nous voient et aient envie de le pratiquer. C’est beau, tactique; c’est une partie d’échecs entre entraîneurs où les joueurs ne sont que  des pions.  Pour se développer, ce sport doit davantage être médiatisé. Les journaux parlent du hockey et du basket nord-américains. Pourquoi ne pas évoquer le football US?»