A J-5 de Sion - Servette, la police veille

A cinq jours du match, la Police cantonale met en garde les éventuels fauteurs de troubles. Entre Sion et Servette, la sauce monte déjà peu à peu pour ce premier derby du Rhône de la saison à Tourbillon.
06 août 2015, 10:25
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les dégâts occasionnés par des "fans" genevois lors du dernier Sion-Servette se montent à plus de 30 000 francs.

Sion-Servette, c'est depuis toujours un derby passionné et parfois passionnant. Reste que les deux dernières visites des Genevois à Tourbillon se sont soldées par des défaites 4-0 et 1-0 pour le club sédunois. Pour le premier match à domicile de la saison ce dimanche, les supporters valaisans ont des attentes. Il faut "laver l'affront" de la saison dernière et "redorer le maillot de l'équipe" sur le terrain face à l'adversaire du bout du Rhône.

Mais le traditionnel derby est resté plus souvent célèbre pour les prouesses faites dans les tribunes et à l'extérieur du terrain que sur la pelouse. Pour éviter ces débordements, la Police cantonale veille au grain. Jean-Marie Bornet, chef information et prévention, met en garde les éventuels fauteurs de trouble.

Déprédations en février

Et comme si la tension du seul match de dimanche ne suffisait pas, un précédent est resté dans les mémoires. Lors du dernier match face à Servette, à Tourbillon en février, de nombreuses déprédations avaient été causées par les "fans" genevois dans le secteur visiteur du stade. Près de 30 000 francs de dégâts avaient été chiffrés à l'époque. En guise de point d'orgue, ils avaient notamment tenté d'enfoncer les stores de la cantine armés d'une porte de... toilette. Sans compter d'autres heurts entre le stade et la gare.

Dispositif important

"Ce n'est plus comme il y a dix ou vingt ans où on pouvait encore dire qu'un match était plus à risque qu'un autre. Le dispositif est à chaque fois le même pour éviter des ennuis dans la cité", lance d'emblée Jean-Marie Bornet, qui se refuse à donner du grain à moudre aux éventuels hooligans des deux bords. La sauce, il aimerait plutôt la voir baisser. Dimanche, plus d'une centaine de policiers seront mobilisés à divers endroits dans la ville, certains durant plus de dix heures.

Appui de la population

Dans ce derby chargé d'histoire, que craindre davantage? De nouveaux comportements dangereux de la part des visiteurs ou des envies de vengeance de la part de Valaisans? "Il faut être réactif sur tous les plans et pouvoir compter sur un appui de la population pour dénoncer systématiquement tous les fauteurs de troubles et nous aider à les retrouver", poursuit Jean-Marie Bornet, qui espère que l'aspect social tiendra son rôle. Il rappelle cependant que "lors du dernier match, ce n'était pas seulement des Genevois qui ont causé d'importants dégâts mais aussi des hooligans "amis" qui rivalisent de stratégie et de créativité néfaste."

Des sanctions immédiates

Pour mettre un terme à ses comportements, il espère que la loi donnera bientôt les moyens d'agir directement par le biais de sanctions exemplaires. "Il est temps de se donner les outils pour couper court à toute envie de nature hooligan. Le sursis ou les jours amendes ne suffisent plus. La comparution immédiate doit pouvoir être appliquée à ces personnages. Pour le moment, le politique ne nous donne pas les moyens pour agir de manière suffisamment durable et efficace", ajoute-t-il.

"Une lueur d'intelligence"

Mais avant d'en arriver là, Jean-Marie Bornet s'en remet aux supporters eux-mêmes. "J'espère naïvement que chez les casseurs, il reste encore une lueur d'intelligence qui les poussera à supporter leur équipe plutôt qu'à déverser leur haine et à devenir violent. Il est temps qu'ils se mettent au respect et qu'ils montrent un meilleur exemple. Sans quoi, qu'ils soient prévenus que nous prendrons les mesures qui s'imposent."

Quoiqu'il en soit, reste à espérer que le derby se joue.... sur le terrain.