Le document prouvant les millions de Chagaev est un faux annonce la Bank of America

L'attestation bancaire que Bulat Chagaev a fournie pour prouver sa fortune est un faux. Le Ministère public neuchâtelois l'a confirmé avec un communiqué du procureur général Pierre Aubert.
03 août 2015, 19:23
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Le document était vraiment un faux.

Ce document, soi-disant envoyé par la Bank of America en date du 14 septembre, stipule que l'homme d'affaires tchétchène possède 35 millions de dollars sur l'un de ses comptes. La banque en question «ne reconnaît pas ce document comme émanant de son sein et conteste qu'il ait été établi par elle-même ou par une personne autorisée à la signer en son nom», souligne le communiqué.

Confirmations

La Bank of America a par ailleurs confirmé que «la date et l'adresse ne respectent pas les formes usuelles aux Etats-Unis et que la langue dans laquelle (le document) est rédigé est très approximative». Il n'existe par ailleurs pas d'employé du nom du signataire supposé, conclut le communiqué.

L'attestation avait été envoyée à la SFL et à la justice neuchâteloise pour prouver la solvabilité de Bulat Chagaev. Ledit document n'était cependant pas entré en ligne de compte pour le juge Bastien Sandoz, qui avait refusé de mettre le club en faillite. Pour mémoire, une deuxième attestation utilisée par Bulat Chagaev et émanant soi-disant de la même banque pose problème: elle est également écrite dans un anglais des plus approximatifs et a été signée par un certain Thomas Milller (trois «l» au lieu de  deux).

Des contrats occultes?

La TSR a également apporté son lot de révélations aujourd’hui. Selon elle, des joueurs et entraîneurs de Neuchâtel Xamax ont été sous contrat non seulement avec le club, mais aussi avec une société offshore appartenant au président et propriétaire du club. En perquisitionnant le 7 novembre dernier les locaux genevois des sociétés de Bulat Chagaev, les enquêteurs seraient tombés sur des pièces qui attestent d'arrangements entre cette société offshore et des joueurs et entraîneurs recrutés depuis l'été.

Ces contrats, qui se chiffreraient en centaines de milliers d'euros, sont contraires au règlement de la SFL pour les joueurs. Pour qualifier un footballeur, la SFL exige la signature d'un contrat où joueur et employeur «reconnaissent expressément ne pas avoir d'autres accords que ceux résultant des documents déposés auprès de la SFL», est-il encore précisé sur le site www.tsr.ch.

Contacté par la TSR, le directeur de la SFL Edmond Isoz indique que «si ces éléments de preuve existent, nous ouvrirons une enquête contre Neuchâtel Xamax et les joueurs concernés». La SFL a déjà dénoncé à trois reprises le club de la Maladière, en particulier pour ne pas avoir fourni des attestations du paiement des charges sociales.