"Si on me propose 10 ans, je signe"

Le Glandois Reto Ziegler est de retour dans son club de coeur, le Fenerbahçe.
07 août 2015, 10:57
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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sports@lacote.ch

Il avait quitté le Fenerbahçe à la fin de l'été dernier, le voilà de retour à Istanbul. Après un automne passé en Russie, au Lokomotiv Moscou, le Glandois Reto Ziegler (27 ans) a une nouvelle fois été prêté au club stambouliote - jusqu'au terme de la saison - par la Juventus de Turin, propriétaire du contrat du défenseur international suisse pour les trente prochains mois encore.

Heureux de retrouver un club qu'il dit faire partie de lui, Reto Ziegler a déjà disputé dimanche soir - en tant que titulaire sur le flanc gauche de la défense - son premier match de l'année avec le Fenerbahçe, après seulement deux entraînements avec ses "nouveaux" coéquipiers. Si la formation stambouliote a concédé la défaite (1-2 face à Sivasspor), le latéral de l'équipe nationale y est allé de sa passe décisive. A quelques heures de la rencontre amicale qui verra la Suisse se déplacer en Grèce (mercredi, 20h30, à Athènes), le Vaudois déclare sa flamme au "Fener'".

Comment avez-vous vécu ce retour au Fenerbahçe?

Tout s'est passé très vite, dans les derniers jours du mercato. Mon souhait était de retourner au Fenerbahçe; j'aurais d'ailleurs préféré ne jamais le quitter, mais cela s'est passé autrement, l'été dernier. La Juventus de Turin demandait trop d'argent et les deux clubs n'étaient pas parvenus à un accord. Maintenant que j'y suis à nouveau, je ressens énormément de plaisir.

Le public stambouliote, sur les réseaux sociaux notamment, a souvent réclamé votre retour. Comment vous a-t-il accueilli, dimanche soir lors de votre entrée sur la pelouse du stade Sükrü-Saracoglu?

C'était extraordinaire; au moment de l'annonce de la composition des équipes, les 50 000 spectateurs dans le stade ont applaudi mon nom. Les supporters du Fenerbahçe m'ont toujours traité magnifiquement et je les ai remerciés dans la presse turque.

Vous avez disputé les 60 premières minutes de la rencontre et réalisé une passe décisive. Un retour plutôt réussi, non?

Oui, je suis satisfait de mon match, même si j'ai dû sortir à l'heure de jeu pour un problème aux adducteurs. Ce n'est rien de grave, j'ai juste voulu ne prendre aucun risque. Concernant la performance de l'équipe, cela ne s'est pas trop bien passé (défaite 1-2 face à Sivasspor). Mais je suis confiant pour la suite (le Fenerbahçe est quatrième, à six points du leader Galatasaray). L'objectif de l'équipe est de remporter les trois compétitions dans lesquelles elle est engagée (championnat, coupe, Europa League). C'est un grand défi et c'est aussi ça qui me plaît.

Que retirez-vous de votre expérience de quelques mois en Russie?

Sportivement, j'ai pris beaucoup de plaisir. J'ai d'ailleurs été étonné du niveau de jeu; de plus en plus de grands joueurs rejoignent ce championnat. Par contre, à côté, je n'avais pas ce qu'il me fallait; la vie me plaisait moins. J'ai besoin d'être heureux en dehors du football et c'est ce que j'ai à Istanbul. Désormais, je suis où je veux être.

L'intégration au Fenerbahçe n'a pas dû être difficile pour vous qui y jouiez encore la saison dernière...

Effectivement. Je n'ai d'ailleurs jamais senti que j'étais parti. Dès le premier entraînement, j'ai eu l'impression que c'était la routine de tous les jours, avec les mêmes coéquipiers. Et je pense que c'est réciproque pour le club car malgré deux petites séances seulement, j'ai été titulaire dimanche. Ce club fait partie de moi. J'ai même gardé ma carte de téléphone de l'année dernière; au fond de moi, je crois que je savais que je retournerais à Istanbul.

Vous appartenez toujours à la Juventus de Turin. Gardez-vous l'espoir d'y retourner et d'y jouer?

Honnêtement, la Juve est un très grand club. Mais dans la situation actuelle et avec l'entraîneur qui est en place (Antonio Conte), ce sera difficile pour moi de jouer à Turin. Je ne sais pas trop de quoi sera fait mon avenir. Une chose est sûre: si le Fenerbahçe me met sous les yeux un contrat de 10 ans, je le signe immédiatement.

Jouer au Fenerbahçe vous permettra peut-être d'obtenir plus de temps de jeu avec l'équipe nationale helvétique...

Je pense que ce club est plus avantageux pour moi dans cette optique-là. Ce sera plus facile pour les sélectionneurs de me voir jouer, notamment parce que nous disputons l'Europa League.

Avec la Nati, vous affrontez d'ailleurs la Grèce, mercredi soir. Dans quel état d'esprit?

C'est un match amical, c'est vrai. Mais la Suisse doit se qualifier pour la Coupe du monde. Chaque rencontre de préparation est donc importante. A nous de ne pas prendre cette confrontation à la légère.