Nyon, Terre Sainte, Gland: comment exister sans une vraie patinoire?

Les petits clubs de la région forment des jeunes sur des surfaces de glace provisoires. La demande est pourtant réelle pour bénéficier d'une structure fixe.
07 août 2015, 13:23
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
data_art_7797184.jpg

Offrir une alternative aux grands clubs, telle est la mission prioritaire des "petits" clubs de hockey dans la région. Que cela soit au HC Gland, à l'US Terre Sainte HC ou au HC Nyon, l'ob jectif se focalise sur la forma tion, loin des politiques dic tées par les simples résultats. " Nous avons un rôle davantage social que spor tif ", insiste Daniel Antonietti, président du HC Gland, club ayant vu le jour il y a trois ans. " Ce rôle s'avère très for t, confirme Ber nard Ditzoff, chef des entraîneurs de Terre Sainte. La patinoire, c'est notre place du village ."

Du côté du collège de Grand- Champ, comme à Coppet, l'émer gence de ces petits clubs se trouve intimement liée à l'éclosion des surfaces de glace provisoires, installées de novembre à mars. L'arrivée du "fun hockey" a réveillé les passions. Au point de voir la demande littéralement explo ser. L'US Terre Sainte HC, fondée en 2007, est passé de 30 à 130 membres en sept ans.

 

Une chance et ses limites

 

" Nous avons dû bloquer les adhé sions, en raison du manque d'in fra structures , relève Sté phane Voide, le président du club copétan. Ici comme ailleurs, les listes d'at ten tes se rallongent au rythme des re fus (elle équivaut à 20% à Gland). " Malgré une quinzaine de défec tions par an, en raison des expa triés, nous remplissons le quota sans problème ", rajoute le dirigeant de l'USTS HC. Pas évident de dire non. Cette vocation populaire se heurte ce pendant au succès de ses clubs, qui se retrouvent désormais à l'étroit. " Le drame, c'est qu'arrivés à 14 ans, les gamins sont abandonnés; on ne sait plus quoi en faire ", se désole Stéphane Python, président du HC Nyon, en évoquant la situation en vigueur s ous ses couleurs. Les plus talen tueux s'en vont à Lausanne, Morges ou Genève. Mais il s'agit là d'une minorité. Du côté du club nyonnais, qui a 40 ans, la patinoire de Rive a facilité les choses - " depuis cinq ans, davantage de gens s'intéressent aux sports de glace, c'est une chance " - mais n'a pas réglé tous les problèmes.

Contrairement à Gland ou Terre Sainte, le HCN fait partie de la Li gue suisse de hockey. Sa pre mière équipe participe au champion nat de 3 e ligue. Non sans difficulté. " Ce groupe évolue à Morges, mais le temps de glace dépend du bon vouloir des autorités morgiennes; jusqu'à présent, elles jouent le jeu ", souligne Stéphane Python. Cela a toutefois un coût. L'heure de glace se monte entre 150 et 180 francs, frais auxquels se rajou tent ceux de l'arbitre (fac ture totale de 700 francs pour un match). Mais pour l'équipe fanion de Nyon, si elle peut disputer sa compéti tion, impossible de dégager du temps pour s'entraîner. " L'équipe se contente d'effectuer un petit stage de quelques jours avant la saison ."

Les jeunes de ces trois clubs ne participent, eux, pas à des cham pionnats. Les conditions struc turelles ne s'y prêtent guère. Alors, Gland, Terre Sainte ou Nyon or ganisent des matches amicaux ou des tournois entre eux, ou avec des équipes genevoises. " Il faut savoir ce qu'on veut, mais en l'état, il n'y a pas d'évolution possible ", constate Daniel Antonietti.

 

La qualité prime

 

Ces petits clubs trouvent donc des parades, se sont adaptés. La volonté et la passion effacent les aléas ou autres points négatifs. Le résultat ne s'érige alors guère en but. " Notre mission est d'accueillir tout le monde, sans sélection. La qualité de l'entraînement prime sur la quantité de joueurs ", explique le président de l'USTS HC, dont le club compte quatre groupes pour huit coaches certifiés J+S. L'accent se met sur les valeurs transmises: le respect, le fair-play. " Donner les moyens aux jeunes de jouer et progresser sans pression du résultat, même s'ils veulent gagner. " L'en vie de transmettre. " Heureusement, on est des croyants du hockey , s'exclame Stéphane Python. On part de zéro, mais bien que cela reste du sport populaire, l'enjeu, ce sont les infrastructures! "