Le choix payant de Dick et Beyou dans la Transat en double

Les Français Jean-Pierre Dick et Jérémie Beyou sont arrivés ce matin à Puerto Limon après 15 jours, 18 heures et 15 minutes de course. Le nouveau temps de référence ainsi établi ne doit rien au hasard.
03 août 2015, 19:23
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
jean-pierre_dick

Les Français Jean-Pierre Dick et Jérémie Beyou ont remporté à Puerto Limon (Costa Rica) la 10e Transat Jacques Vabre dans la catégorie des monocoques Imoca (18,28 m). Ils ont battu par la même occasion le record de l'épreuve en optant pour la route la plus difficile.

Dick/Beyou, à bord de leur plan VPLP-Verdier Virbac-Paprec 3, ont franchi la ligne d'arrivée à 02h15 heure locale, soit 08h15 GMT. Au passage de la ligne, les deux hommes sont tombés dans les bras l'un de l'autre, tandis que, sur le quai de Puerto Limon, les orchestres locaux se déchaînaient malgré l'heure tardive pour fêter les vainqueurs.

Les deux Français ont mis 15 jours, 18 heures et 15 minutes - temps officieux- pour parcourir les 5167 milles (4730 milles théoriques) de la course, à la vitesse moyenne de 13,6 noeuds. Ils améliorent d'une heure et sept minutes le record établi en Imoca lors de la précédente édition, en 2009, par les Français Marc Guillemot/Charles Caudrelier (Safran).

C'est la troisième victoire de Jean-Pierre Dick dans cette épreuve, après celles de 2003, avec Nicolas Abiven, et 2005 avec Loïck Peyron.

Le Britannique Alex Thomson et l'Espagnol Guillermo Altadill, à bord du plan Juan Kouyoumdjian Hugo Boss, devraient prendre la 2e place en Imoca dans la journée. A 07h00 GMT vendredi, le duo était cependant encore à 113 milles de Puerto Limon, soumis aux mêmes aléas météo (vents faibles et erratiques) que les vainqueurs quelques heures plus tôt.

Le départ de la 10e édition de la Transat Jacques Vabre avait été donné le 2 novembre du Havre (France) avec trois jours de retard sur le calendrier initial en raison de grosses dépressions sur l'Atlantique Nord.

C’est la troisième victoire de Jean-Pierre Dick dans la Transat Jacques Vabre après son succès en 2003 avec Nicolas Abiven  et en 2005 avec Loïc Peyron… un partenaire avec lequel il a aussi remporté cette année la Barcelona World Race.

La victoire se «Virbac-Paprec 3» repose essentiellement sur deux grandes décisions stratégiques. Le 6 novembre au petit matin, au moment de passer la longitude des Açores et alors que la flotte s’apprête à essuyer son troisième gros coup de vent depuis le départ, le majorité des Imoca vire pour plonger dans le sud, dans le but d’échapper au mauvais temps. Les skippers français, eux persistent sur la voie du nord en compagnie d’Hugo Boss et Bureau Vallée. Le 7 novembre ils virent en tête du classement de 11 heures et prennent les commandes de la course pour ne plus jamais les quitter…


Deux jours plus tard les deux navigateurs de Virbac-Paprec 3 persistent dans le nord-ouest, toujours en compagnie de leurs deux acolytes Hugo Boss et Bureau Vallée pendant que le reste des voiliers repart à nouveau dans le sud pour aller chercher des semblants d’alizés. Le 11 novembre, leur écart avec le premier des concurrents partis au sud (MACIF) va atteindre les 305 milles !


Cette route septentrionale a donc été déterminante pour la victoire finale sur cette Transat Jacques Vabre. C’était la route le plus efficace mais aussi la plus ardue.