Les coureurs demandent l'exclusion à vie pour ceux qui cachent des moteurs sur leur vélo

L'enquête sur le dopage mécanique diffusée dimanche soir par France Télévision dans son émission sportive "Stade 2" fait des remous. On y voit notamment des images thermiques laissant penser que des cyclistes pros, semi-pros ou amateurs utilisent des vélos équipés de moteurs électriques lors de courses officielles. Les coureurs demandent des sanctions allant jusqu'à l'exclusion à vie.
18 avr. 2016, 19:32
/ Màj. le 18 avr. 2016 à 19:34
Les images, tournées en caméra thermique, laissent peu de doute.

L'association internationale des coureurs (CPA) a demandé "des sanctions exemplaires" à l'UCI allant jusqu'à la suspension à vie en cas de dopage mécanique. Au lendemain de la diffusion par France Télévisions et le journal italien Corriere della Sera d'un reportage sur les moteurs électriques, la CPA a souhaité que l'UCI tienne compte "de ce qui est révélé" pour "combattre avec tous les moyens ce nouveau fléau du cyclisme".

L'association des coureurs présidée par Gianni Bugno s'est dit prête à coopérer avec l'UCI pour améliorer les contrôles et "traquer ceux qui commettent ces crimes honteux et antisportifs".

"La CPA demande à l'UCI d'imposer des sanctions exemplaires et sévères telles que la suspension à vie pour les coureurs qui ont commis ces infractions car ils jettent de la boue injustement sur le cyclisme honnête de la majorité", a estimé l'association en évoquant la possibilité de porter plainte contre X "car il est impensable que certains dispositifs soient utilisés par les coureurs sans complicité".

Le premier -et, pour l'instant, unique- cas prouvé d'une tricherie mécanique de ce type date de janvier dernier quand le vélo d'une concurrente belge équipé d'un moteur a été démonté aux Mondiaux de cyclocross.

Dans le reportage de l'émission Stade 2, une caméra thermique détecte des sources de chaleur pouvant prêter à soupçons lors de la course professionnelle des Strade Bianche en mars puis dans une cyclo-sportive (GranFondo).

 

La fédération internationale a réagi lundi auprès du site spécialisé cyclingnews. "L'UCI procède à des tests contre la fraude technologique depuis de nombreuses années et, pour accroître leur efficacité, a expérimenté de nouvelles méthodes de détection au cours de la dernière année".

"Nous avons essayé l'imagerie thermique, les rayons X ou les tests par ultrasons mais les tests de résonance magnétique sont la meilleure méthode, de loin la plus efficace, fiable et précise. Nous utilisons un logiciel que nous avons développé avec une société spécialisée. Le 'scan' est fait avec une tablette et permet à un opérateur de tester le cadre et les roues d'un vélo en moins d'une minute", précise l'instance.

"Nous avons testé les vélos à de nombreuses courses cette année (par exemple, 216 à Tour des Flandres, 224 à Paris-Roubaix) et nous continuerons ces tests à grande échelle dans toutes les disciplines tout au long de l'année. La coopération des équipes et des coureurs lors de ces tests a été excellente", a encore souligné l'UCI.