Dario Cologna parle de son titre de champion du monde

"J'ai senti que j'étais le plus fort", a déclaré Dario Cologna, qui n'a jamais douté samedi sur le 30km de Val di Fiemme, pas même lors de sa chute en début de course. Un cran au-dessus des autres, il explique comment il est devenu champion du monde.
07 août 2015, 11:02
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Même sa chute avant le second kilomètre n'a pas perturbé Dario Cologna dans sa quête du graal.

Q: Quelle a été votre première sensation en franchissant la ligne d'arrivée ?

D.C.: «C'était grandiose, tout s'est passé comme je l'avais rêvé ! Je voulais vraiment gagner et j'ai tout donné. Je me suis senti bien tout au long de la course. Déboucher seul en tête dans le stade d'arrivée est exactement ce que j'avais prévu.»

Q: Plus précisément, quelle était votre tactique au départ ?

D.C.: «Je savais que la dernière montée représentait une opportunité intéressante pour moi. Mais je ne voulais pas non plus attendre le dernier moment pour attaquer. Donc j'ai placé une première attaque, mais sans me donner à 100 %, afin de préserver des forces pour l'ultime bosse.»

Q: Quand le Norvégien Martin Johnsrud Sundby est parti seul (au 22e km, pour compter jusqu'à une quinzaine de secondes d'avance), avez-vous pensé pouvoir revenir ?

D.C.: «Pendant toute la course, j'ai senti que j'étais le plus fort du peloton. Surtout dans les montées, en skating. Mais c'était très tactique, personne ne voulait mener derrière Sundby. J'ai donc fait le boulot moi-même et je suis d'autant plus heureux d'avoir gagné.» (ndlr: au micro de la télévision alémanique, à chaud, Cologna s'était exprimé de façon plus crue en déclarant que «personne n'avait eu les c... de mener«).

Q: Qu'est-ce qui vous est immédiatement passé par la tête quand vous êtes tombé (avant le 2e km) ?

D.C.: «Cela n'a pas été un grand problème. Dans le stade, deux kilomètres plus loin, j'étais déjà revenu dans les dix premiers. Le moment le plus délicat a été quand je me suis relevé, avec tout le peloton derrière qui menaçait de me passer dessus. Pourquoi je suis tombé ? J'ai un peu dérapé, je crois. Là, je ressens encore une petite contusion (une heure après), mais pendant la course, je n'ai rien senti.»

Q: N'avez-vous jamais craint un retour de Petter Northug?

D.C.: «Avec Northug, on n'est jamais sûr de son fait avant d'avoir franchi la ligne d'arrivée. Mais j'avais vu qu'il peinait dans les longues montées, quand ça tirait devant. A un moment donné, j'ai remarqué qu'il avait perdu. Moi, j'avais fait attention à garder de la réserve pour la dernière montée.»

Q: (question d'un journaliste italien) Aspirez-vous à devenir plus célèbre que Roger Federer ?

D.C.: «Pour ça, je suis dans la mauvaise discipline. J'aurais dû choisir un autre sport !»