Format des matches: la tradition face à la révolution

Face au diktat des médias, l'envie de raccourcir la durée des matches existe. Federer et Hewitt testeront un nouveau format lors d'une exhibition. Un pas vers une future réforme?
07 août 2015, 14:29
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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Serait-ce l'avenir du tennis? Un set de quatre jeux, pas de "let" au service, pas d'avantage à égalité 40-40, tie-break à 3-3: ces quatre innovations seront tes tées par Roger Federer et Lleyton Hewitt lors d'une d'exhibition. Ce match au format révolution naire se jouera avant l'Open d'Australie, le 12 janvier à Sydney.

Si la règle des trois sets de meure, ces changements sont destinés à réduire drastiquement le temps passé sur le court. Selon les promoteurs de cette exhibition, ce format inspiré du cricket et expérimenté dans les clubs australiens doit permettre de réduire de moitié le temps d'un match. " Ce nouveau format devrait révolutionner le tennis, en particulier dans les clubs et la simple pratique sociale ", observe Craig Tiley, le patron de la fédération australienne.

L'horloge fait office d'argu ment majeur dans cette évolution. " Le temps est précieux et ce nouveau format rapide est parfait pour tout joueur soucieux de caser ses matches de tennis dans un emploi du temps chargé ", explique encore Craig Tiley. Le temps constitue aussi une préoccupation importante pour l'ATP et la Fédération internationale de tennis (ITF). " La longueur de nos matches est un problème d'une manière géné rale , estime Francesco Ricci Bit ti, le président de l'ITF. Notre sport pose des dilemmes à la télévision, et la télévision est très importante ."

 

Déjà des expériences

 

Le rapport aux médias s'avère un pan primordial de la ré flexion. Lien étroit, vital. Les horaires et les programmes des matches sont construits en fonction du petit écran (comme à l'US Open, où les chaînes américaines expli quent le "Super Saturday"). Face au diktat de l'audimat, les ins tances dirigeantes du tennis s'interrogent. En 2002 déjà, sur une épreuve mineure, une expéri mentation avait été menée (match au meilleur des cinq sets, quatre jeux par manche). Expérience pas soutenue par les joueurs, rappelle le président de l'ITF. Début 2013, l'ATP avait testé un format raccourci de matches en sanctionnant plus sévèrement le dépassement de temps (25 secondes) entre chaque point sur le circuit principal, et en supprimant les "let" au service sur le circuit Challenger. " Comme je suis orienté vers le business, je pense que le moment où il y a davantage d'attention des spectateurs, c'est à la fin des sets, donc s'il y a plus de fins de sets, c'est mieux ", avance Francesco Ricci Bitti.

 

Histoire faite de réformes

 

Et que diraient les spectateurs qui paient leurs billets à prix d'or pour voir actuellement, parfois, Federer s'imposer déjà en moins d'une heure? Une telle réforme est-elle nécessaire? L'abolition du deuxième service revient également de temps en temps sur la table. L'histoire de la petite balle jaune se compose avec plusieurs changements. Dès 1979, il y a eu l'introduction du tie-break (jeu décisif en sept points, à 6-6). Sur les tournois du Grand Chelem - outre l'US Open - et en Coupe Davis, le cinquième set se dis pute toujours sans tie-break (premier à deux jeux d'écart). En double, depuis 2006, la règle du "no ad" (pas d'avantage) est instaurée, ainsi qu'un super tie-break dans la manche décisive (jeu décisif en 10 points), format pratiqué sur quel ques tournois amateurs ou lors des interclubs de ligue nationale en Suisse.

Le tennis n'est donc pas à une évolution près. Roger Federer s'est dit " enthousiaste " à l'idée de jouer ce " match spécial " face à Lleyton Hewitt. De là à y voir un signe avant-coureur d'un profond chan gement... " Bien sûr, nous som mes là pour défendre la tradition quand elle est bonne ", rappelle Fran cesco Ricci Bitti. Le président de l'ITF précise bien: " Les joueurs sont très conservateurs ."