Martina Hingis adore coacher

Même privée de double mixte avec Roger Federer aux JO de Londres cet été, Martina Hingis a un agenda bien rempli. Consultante de luxe à l'académie de Patrick Mouratoglou, dans les Yvelines, la St-Galloise de 31 ans évoque dans le journal «L'Equipe» son nouveau rôle et livre sa vision, critique, du tennis féminin actuel.
03 août 2015, 22:25
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Martina Hingis

«Coacher... j'adore !» Martina Hingis, qui s'occupe plus particulièrement d'un groupe de quatre joueuses - les Russes Daria Gavrilova (16 ans) et Yulia Putintseva (16 ans), la Britannique Naomi Brady (21 ans) et l'Américaine Sachia Vickery (16 ans) -, a un message à faire passer.

«Tu vois que les joueuses s'adaptent à ce que tu dis, y prennent du plaisir, gagnent des matches. Le plus concret, c'est quand j'essaie de les faire avancer vers le filet, de ne pas attendre que la balle vienne ! Même si on recule instinctivement pendant les matches, dès qu'il y a une opportunité, il faut avancer.»

Un plaidoyer, presque une profession foi pour un tennis offensif et réfléchi qui résonne aussi comme une vive critique du jeu actuel pratiqué par les athlètes. «Ma mère m'a toujours encouragée à pratiquer plein de sports à côté. (...) Elle m'a toujours laissée tout faire, même si c'était dangereux. C'est comme ça qu'on apprend à s'adapter à une situation, à anticiper le danger, (...) à composer avec les difficultés imprévues. Aujourd'hui, les filles ne font que du tennis et du fitness ! On ne peut pas apprendre tout cela sur un tapis roulant. Du coup, quand il y a un danger sur le terrain, comme une balle de break, elles n'osent pas prendre de risques.»

Besoin de massages...

Aujourd'hui, la St-Galloise apprécie surtout le jeu de la Tchèque Petra Kvitova. «Très solide, gauchère... c'est la seule qui me plaît vraiment à regarder. Avec les autres, c'est monotone. Wozniacki, elle sait peut-être mieux bouger que les autres, elle essaie de rentrer dans le court, mais pas assez souvent.» Et Hingis de rendre hommage à son «idole porte-bonheur et dans le jeu», Monica Seles, car «c'était la première de la nouvelle génération à rentrer dans le terrain, à ne pas faire comme les Espagnoles».

Le mot d'ordre pour la Martina Hingis coach est donc de travailler «sur la variété des coups» et pas seulement «en tapant le plus fort possible». «J'aime bien donner une direction à suivre, des conseils tactiques et techniques (...). Ce qui est bien, c'est que je peux encore leur montrer en jouant sur le court, même si j'ai besoin de massages après certains entraînements.»