Timea Bacsinszky: "Je suis une meilleure joueuse qu'en 2015"

Timea Bacsinszky s'est arrêtée aux portes de la finale pour la deuxième fois en trois ans. Saoulée de coups par son adversaire, Jelena Ostapenko, elle n'a pas beaucoup de regrets à avoir.
08 juin 2017, 18:08
/ Màj. le 08 juin 2017 à 19:15
Timea Bacsinzky n'a fait que subir la puissance de son adversaire.

Timea Bacsinszky, avez-vous des regrets après un tel match?

Elle a été meilleure que moi. Mon seul regret, c'est de n'avoir pas pu exploiter les nombreuses opportunités que j'ai eues lors du premier set. Sinon, j'ai tout tenté; je me suis accroché. J'ai essayé de varier, j'ai tenté des choses. J'ai cherché à faire durer le match. Mais il faut reconnaître qu'elle prend beaucoup de risques, qu'elle tente beaucoup, qu'elle joue avec les lignes et qu'elle a eu beaucoup de réussite. Ces derniers temps, elle a beaucoup progressé physiquement. Elle frappe fort et elle lit bien le jeu. Ses balles sont longues, sont lourdes. En plus, elle a l'insouciance de la jeunesse. Il m'est arrivé de jouer à ses côtés en double. Croyez-moi, c'est plus cool. Je n'ai qu'à attendre que la balle vienne vers moi au filet.

Qu'est-ce qu'il se passe dans la tête quand on encaisse de tels coups?

J'aurais aimé avoir 10 cm de plus pour répondre coup pour coup. Mon seul but, c'était de l'amener dans un long combat physique parce que je ne crains pas de jouer deux ou trois heures, voire davantage. J'ai essayé de varier, de lui donner des balles plus ou moins hautes, plus ou moins longues. J'ai attendu que l'orage cesse de gronder. D'ailleurs, au deuxième set, elle a perdu un moment le fil du match.

Comment pouvez-vous comparer votre tournoi en 2015 et celui-ci?

Franchement, j'ai disputé ici mon meilleur Roland-Garros. En termes de niveau de jeu, de constance, je suis une meilleure joueuse qu'il y a deux ans. Ce n'était pas un hold-up en 2015. Mais mon jeu était moins posé qu'aujourd'hui. Quand j'ai perdu la première fois, je me suis dit que j'avais peut-être laissé passer la chance de ma vie. J'ai réfléchi trop longtemps. D'ailleurs, cette défaite m'avait affectée. Aujourd'hui, je suis toujours déçue. Mais je prends davantage de recul. Je ne pensais pas que je reviendrai un jour en demi-finale. Comme quoi, c'est toujours possible. Dès le moment où l'on s'investit, de très belles choses peuvent arriver. Je me dis que c'est possible et que je peux encore faire mieux.

Vous avez le sentiment que vous n'avez pas encore exploité tout votre potentiel...

Je m'inspire de Stan Wawrinka et de Roger Federer. A leur âge, ils continuent de progresser et de gagner. C'est fou d'être aussi bons à 30 ans et plus. J'ai l'impression que Stan est encore bien meilleur qu'il y a deux ans. C'est la preuve, à mon niveau, que j'ai encore de belles années devant moi. Je ferai le bilan à la fin de ma carrière. D'ici là, j'ai encore de belles histoires à écrire.

Voulez-vous dire que la déception n'est pas si forte que ça?

Je suis une compétitrice. Cela me fait donc royalement ch... d'avoir perdu. Voilà, ça, c'est dit. Mais maintenant, c'est trop tard pour ruminer ça. Les deux contextes sont différents. J'ai tout laissé sur le court. Je suis fière de mon tournoi. L'année est encore longue. D'ailleurs, je ne dois pas me dire qu'après Roland-Garros, même si j'adore ce tournoi, la saison est terminée. Non, il y a encore de belles choses à faire. 

Vous avez 28 ans aujourd'hui. Prendrez-vous néanmoins le temps de fêter cet anniversaire?

Je vais enfin pouvoir boire une bière... Je me réjouis de profiter de quelques jours "off" et de fêter avec mon ami, qui aura son anniversaire dans quelques jours. De toute façon, ça restera un super souvenir pour moi.

par Christophe Spahr