Viktorija Golubic "a le potentiel pour faire partie du top 30"

Alors que l'équipe de Suisse a été éliminée en demi-finale ce week-end, une joueuse est sortie grandie de cette compétition: Viktoruja Golubic, qui possède un grand talent selon la cheffe de la délégation Christiane Jolissaint.
18 avr. 2016, 13:18
/ Màj. le 18 avr. 2016 à 13:40
Viktorija Golubic (23 ans) a dû et doit encore faire preuve de patience dans une carrière qu'elle espère longue.

L'équipe de Suisse n'est pas parvenue à se qualifier pour la finale de la FedCup 2016. Mais une joueuse sort grandie du week-end lucernois: Viktorija Golubic (WTA 130), qui s'est révélée au grand public en remportant ses deux simples tout en pratiquant un tennis varié et offensif très (trop) peu usité sur le circuit féminin.

"Non seulement elle a livré un grand match samedi (réd: 3-6 6-4 6-4 face à Karolina Pliskova/WTA 18), mais elle a confirmé dimanche" en battant Barbora Strycova (WTA 33) 3-6 7-6 6-1 pour remettre les deux équipes à égalité, a souligné la cheffe de délégation Christiane Jolissaint. "C'est surtout cela qui est exceptionnel", a enchaîné la Genevoise d'adoption.

"On savait qu'elle était capable de jouer à un haut niveau. Elle possède un grand talent, et doit prendre conscience qu'elle a le potentiel pour faire partie du top 30. Je suis vraiment contente pour elle que les pièces du puzzle commencent à se mettre en place", a encore expliqué l'ex no 28 mondial.

 

Patience

Viktorija Golubic (23 ans) a dû et doit encore faire preuve de patience dans une carrière qu'elle espère longue. Une vertu difficile à cultiver sur un circuit WTA où l'on est plus habitué à l'éclosion rapide de jeunes prodiges, parmi lesquelles ses trois équipières en équipe de FedCup (Martina Hingis, Timea Bacsinszky et Belinda Bencic). Mais elle n'a pas le choix.

En optant pour un jeu varié, avec un slice de revers efficace et offensif - autre vertu rare sur le circuit féminin -, la Zurichoise ne s'est pas facilité la tâche. "Quand on possède un grand bagage technique, il est normal d'avoir un avènement plus tardif", avait d'ailleurs lâché Peter Lundgren à propos de son protégé Roger Federer à l'issue de la saison 2002, alors que certains s'inquiétaient déjà de ne pas avoir encore vu le Bâlois (21 ans à l'époque) triompher en Grand Chelem et confirmer les immenses espoirs placés en lui.

Consciente de son potentiel et satisfaite des progrès effectués depuis une année, Viktorija Golubic est suffisamment mature pour ne pas s'enflammer. Elle ne peut de toute façon pas se le permettre. "J'espère avoir fait un pas important dans la bonne direction", a-t-elle prudemment glissé dimanche soir.

 

Le plus dur reste à faire

Le plus dur reste à faire, et elle le sait. La jeune femme a su se transcender sous les feux des projecteurs lucernois, portée par 4000 supporters enthousiasmés. Elle va retrouver la dure réalité du circuit, avec en ligne de mire les qualifications de Roland-Garros où elle cherchera à la fin mai à atteindre pour la deuxième fois consécutive le tableau final d'un tournoi du Grand Chelem.

Viktorija Golubic a su saisir sa chance à Lucerne - "elle n'aurait certainement pas joué en simple si Belinda avait été là", a rappelé Christiane Jolissaint - alors que la pression était forte sur ses épaules après les défaites de Timea Bacsinszky. Si elle parvient à évoluer constamment au niveau qui était le sien samedi et dimanche, elle finira forcément par retrouver une nouvelle opportunité de s'illustrer qui lui permettra de poursuivre encore sa progression. A 23 ans, elle a encore du temps devant elle. N'est-ce pas Stan Wawrinka?