Assassin d'une prostituée reconnu coupable à Bienne

Un homme âgé de 32 ans a été reconnu coupable de l'assassinat d'une prostituée en 2010 à Bienne, ainsi que de viol et de tentative de viol sur deux autres victimes. Ce sans-papiers connaîtra vendredi la peine prononcée par le Tribunal Jura bernois-Seeland.
06 août 2015, 09:03
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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«Le prévenu a fait preuve de barbarie», a estimé ce jeudi le président du tribunal Maurice Paronitti en prononçant ce jugement  partiel. Le ressortissant de Côte d'Ivoire n'a pas laissé paraître la moindre émotion à la lecture des chefs d'accusations retenus contre lui.

Pour la justice, il n'y a pas le moindre doute que cet homme à la  stature athlétique a bien assassiné une prostituée brésilienne en  octobre 2010. L'accusé, qui nie les faits, a laissé ses traces dans  l'appartement de la victime. Ses empreintes ont été retrouvées sur  le couteau qui a servi au crime et son sperme sur le corps de la  femme. «Un cas d'école», selon le président du tribunal.

Les juges ont également relevé les nombreuses contradictions dans  les déclarations du prévenu depuis son arrestation alors que les  affirmations des victimes du viol et de la tentative de viol ont  elles été jugées crédibles. L'accusé a aussi été reconnu coupable de  brigandage qualifié dans les trois affaires.

Le tribunal n'a en revanche pas retenu l'accusation d'atteinte à  la paix des morts. Les experts scientifiques n'ont pas été en mesure  d'établir s'il avait violé sa victime avant ou après l'avoir tuée.  «Seul le prévenu, qui se tait, pourrait nous le dire», a souligné  Maurice Paronitti.

Absence de scrupules

Pour le président, cet homme en situation illégale en Suisse a  fait preuve d'une absence de scrupules. Pour les experts, il souffre  de troubles de la personnalité et présente une forme de psychopathie  qui se traduit par l'absence de compassion pour les autres. «Il l'a  agressée, violée et dépouillée de manière sauvage», a relevé le  président en évoquant l'un des trois cas.

Avant le verdict attendu vendredi, la défense prendra à nouveau  la parole après avoir pris connaissance de ce jugement partiel.  Cette scission des débats doit permettre d'éviter d'exposer la  situation personnelle du prévenu si celui-ci devait être reconnu  innocent.