Assemblée du PLR: davantage de soutien à l'armée qu'à la sphère privée

Réunis en assemblée samedi à Thoune, les délégués PLR ont davantage accordé leur soutien à l'armée qu'à la sphère privée en matière fiscale.
07 août 2015, 11:42
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Die Delegierten stimmen ueber ein Geschaeft ab, an der Delegiertenversammlung der FDP. die Liberalen, am Samstag, 24. August 2013, in Thun. (KEYSTONE/Peter Schneider)

Les plus de 220 délégués libéraux-radicaux réunis samedi à Thoune (BE) ont étonnamment accordé un soutien plus marqué à l'armée qu'à la sphère privée en matière fiscale. Leur sens libéral s'est en revanche clairement manifesté contre l'initiative 1:12 sur les salaires et pour assouplir les règles régissant les magasins de stations-service.

Preuve que l'initiative 1:12 des Jeunesses socialistes préoccupe le PLR, celui-ci a déjà débattu de ce texte agendé le 24 novembre, alors que trois objets sont soumis entretemps au peuple, le 22 septembre. Sans surprise, la base propose son rejet à la quasi unanimité, avec une seule opposition.

Une acceptation de ce texte, qui prévoit que la différence de salaires dans une entreprise ne doit pas excéder le rapport de un à douze, "mettrait l'emploi sous pression", a déclaré le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann. "Les excès de salaires doivent certes appartenir au passé. Mais ne nous laissons pas imposer un corset étatique à cause de quelques cas fâcheux" a ajouté le ministre de l'économie.

Et Johann Schneider-Ammann d'ajouter que cette initiative entraînerait beaucoup de bureaucratie et des pertes de recettes fiscales ou pour les assurances sociales de 1,7 milliard par an.

Initiée par le vice-président du PLR et conseiller national genevois Christian Lüscher, la révision de la loi sur le travail visant à étendre l'accessibilité des produits proposés dans les magasins des stations-service a fait encore mieux. L'unanimité des délégués s'est prononcée en sa faveur, estimant qu'il fallait mettre fin à cette "absurdité bureaucratique".

Net soutien à l'armée traditionnelle

Alors que les médias laissaient entendre ces derniers temps que les Romands et les Jeunes libéraux-radicaux pourraient s'opposer à la position sur la politique de défense, il n'en fut rien. Seuls les jeunes PLR thurgoviens ont manifesté leur soutien au texte du GSsA en faveur de la suppression de l'obligation de servir, celui-ci étant balayé par l'assemblée par 213 voix contre 5.

L'opposition au texte du GSsA s'est notamment basée sur le papier de position sur la politique de défense. Ce dernier exprime un soutien clair à une armée de milice traditionnelle, mais apte à s'adapter rapidement aux défis futurs qui ont notamment pour nom cybercriminalité et terrorisme.

La situation peut rapidement changer, a déclaré la conseillère nationale argovienne Corina Eichenberger. "Il n'y a qu'à voir ce qui se passe actuellement en Afrique du Nord et au Proche-Orient", a-t-elle précisé. Mais avec une armée de volontaires ou de professionnels, les 'mauvaises' personnes s’enrôleraient (danger des 'Rambos') et la mixité de la population ferait défaut", précise le PLR dans son papier de position.

Sphère privée

Certes, l'initiative du comité bourgeois interpartis pour la protection de la sphère privée a obtenu l'aval demandé à la base par la direction du parti. Mais celle-ci s'attendait certainement à un soutien plus net que le rapport d'un peu plus de trois contre un obtenu (171 voix contre 52).

L'opposition a revêtu diverses formes. Pour les uns, il est beaucoup plus adéquat de laisser le Parlement traiter de cet objet. La voie de l'initiative populaire est trop lente alors que les banques ont un rapide besoin de sécurité sur ce thème. Pour d'autres, le PLR ne doit pas se disperser et plutôt se concentrer contre l'initiative 1:12.

En vain. Une confortable majorité a suivi sa direction selon laquelle la tendance qui consiste à mettre à nu le citoyen doit être arrêtée, particulièrement dans le domaine de la sphère privée financière.

Valaisans soutenus

Cette assemblée du PLR s'est tenue en l'absence du président. Le conseiller national (AG) Philipp Müller a été victime d'une hernie discale qui l'empêche de s'asseoir. Il a donc été remplacé à la direction des débats par le premier vice-président Vincenzo Pedrazzini (SZ).

Vendredi soir, la conférence des présidents de sections cantonales a recommandé le soutien au troisième objet du 22 septembre, la loi sur les épidémies. A la demande des Valaisans, elle a en outre soutenu un éventuel référendum des cantons contre la convention de double imposition sur les successions avec la France.