Avions de combat F-35: une alliance de gauche lance une initiative

Une coalition formée par le Groupe pour une Suisse sans armée, le PS, les Verts et les Jeunes Verts s’oppose au choix de l’avion de combat américain. Les coûts élevés et les problèmes techniques sont notamment soulignés.
31 août 2021, 10:00
/ Màj. le 31 août 2021 à 11:40
Les initiants se sont exprimés mardi à Berne devant la presse.

Trop cher, trop dangereux, inadapté aux besoins de la Suisse, trop bruyant: l’avion de combat américain choisi par le Conseil fédéral ne convient pas à une alliance de gauche. Conformément à sa promesse, elle lance mardi l’initiative «Stop F-35».

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Le jet de Lockheed Martin n’est pas le bon à plusieurs égards, selon une coalition constituée du Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA), du PS, des Verts et des Jeunes Verts. «C’est un jouet hors de prix pour quelques officiers qui ne résout aucun problème réel», a critiqué Pauline Schneider, secrétaire du GSsA.

En termes de coûts, les surprises ne sont pas terminées.
Fabien Fivaz, conseiller national (Verts/NE)

Les frais d’exploitation seront élevés même si le prix d’achat est relativement bas. L’exemple de pays comme le Canada montre que l’on peut s’attendre à des coûts d’exploitation allant jusqu’à 25 milliards de francs suisses pour un achat de 5 milliards, a estimé Fabien Fivaz (Verts/NE). «Les surprises ne sont pas terminées.» Pour Pierre-Alain Fridez (PS/JU), c’est un «gouffre financier».

De tels coûts mettraient d’autres secteurs de l’armée sous pression pour faire des économies, voire d’autres départements en cas d’augmentation du budget de l’armée. De l’argent qui fera défaut, par exemple, pour lutter contre le réchauffement climatique, avancent les initiants. Après leur conférence de presse, ils ont symbolisé ce «gaspillage massif d’argent» en détruisant une piñata en forme de F-35 d’où s’échappent des milliers de faux billets.

L’avion collectionne les défauts et les problèmes techniques, des enquêtes parlementaires américaines en témoignent.
Pierre-Alain Fridez, conseiller national (PS/JU)

En plus d’être cher, le F-35 serait dangereux. «L’avion collectionne les défauts et les problèmes techniques, des enquêtes parlementaires américaines en témoignent», a souligné M. Fridez. Les déficiences sont innombrables et certaines mettraient la vie des pilotes en danger.

L’engin serait aussi inadapté aux besoins de la Suisse, étant un bombardier d’attaque furtif capable d’opérer au coeur d’un territoire ennemi. «Nous avons besoin d’un avion qui remplit pour l’essentiel des tâches de police et de protection de l’espace aérien», a souligné le conseiller national jurassien.


Meilleur rapport qualité-prix

L’acquisition de nouveaux avions de combat d’ici 2030 pour un montant maximal de six milliards de francs a été acceptée de justesse en votation populaire en septembre 2020, avec 50,1% de oui. Parmi quatre appareils en lice, le Conseil fédéral a proposé fin juin l’achat de 36 F-35A. Après des évaluations, ce jet présentait le meilleur rapport qualité-prix, selon le gouvernement.

Ce dernier avait encore argué que cet avion assure tout particulièrement bien la cybersécurité. Le jet permettrait à la Suisse de déterminer elle-même les données qu’elle veut échanger avec d’autres forces aériennes ou les données logistiques qu’elle veut renvoyer au constructeur.