Charles Morerod ordonné évêque de Lausanne, Genève et Fribourg

Le père dominicain Charles Morerod sera ordonné cet après-midi en la cathédrale de St-Nicolas à Fribourg.
03 août 2015, 21:36
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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Les fidèles du diocèse de Lausanne, Genève et  Fribourg auront attendu plus de treize mois pour connaître  l'identité de leur nouvel évêque. Le père dominicain Charles Morerod  sera ordonné évêque cet après-midi en la cathédrale St-Nicolas de  Fribourg par le cardinal Georges Marie Cottier.

Théologien de haut niveau âgé de 50 ans, ce Gruérien a enseigné à  Rome ces quinze dernières années. Né le 28 octobre 1961 à Riaz (FR),  il est ordonné prêtre à Genève en 1988, après des études de  théologie à Fribourg.

Il approfondit son savoir par deux doctorats, l'un en théologie  (Fribourg, 1996), l'autre en philosophie (Toulouse, 2004). Il  commence sa carrière professorale à Fribourg et la poursuit à Rome.

En 2009, il est nommé recteur de l'Université pontificale Saint- Thomas-d'Aquin, également appelée l'Angelicum, ainsi que secrétaire  général de la Commission théologique internationale au Vatican et  consulteur à la Congrégation pour la doctrine de la foi. Le pape  Benoît XVI lui a confié un rôle clé dans le dialogue avec les  intégristes d'Ecône.

Homme influent au Vatican

C'est donc un homme influent au Vatican et ayant la confiance du  pape qui prend les rênes d'un diocèse réunissant quatre cantons  (Vaud-Genève-Fribourg-Neuchâtel). Cette circonscription est lourde  et complexe à gérer: d'aucuns la qualifient de «monstre de  diversité». Le diocèse compte 690'000 catholiques, 300 prêtres et  400 laïcs permanents.

C'est aussi un diocèse stratégique pour l'Eglise du fait de la  présence de la faculté de théologie à Fribourg. A noter que  l'Université de Fribourg est également dirigée par un père  dominicain, le recteur Guido Vergauwen.

Style direct

Depuis sa nomination le 3 novembre, Charles Morerod a laissé  percer certains traits de sa personnalité lors d'entretiens avec la  presse et quelques visites dans le diocèse: simple, quasi timide,  direct, parfois presque abrupt, le tout saupoudré d'un humour pince- sans-rire.

Il avait annoncé la couleur lors de sa première conférence de  presse. Il a reconnu ouvertement qu'il ne souhaitait pas devenir  évêque: «En toute franchise, j'espérais bien que ce ne serait pas  moi». Le maître de son ordre n'y était non plus pas favorable. «Mais  quand le pape le veut, cela ne se refuse pas».

Ce n'est pas la première fois que Mgr Morerod se montre obéissant  à Benoît XVI. Lorsque ce dernier l'a nommé en 2009 recteur de la  prestigieuse université pontificale St-Thomas-d'Aquin, où il  enseignait déjà, il «essayé de résister», mais s'est incliné.

Pas tout chambouler

Le nouvel évêque n'arrive pas avec un programme tout fait. Il  compte d'abord prendre le pouls du diocèse: écouter et aller à la  rencontre. En particulier des prêtres, car ce sont «les premiers  collaborateurs de l'évêque». Mais il l'a déjà dit, il n'a pas le  tempérament d'un révolutionnaire et n'a pas l'intention de tout  chambouler.