Correction du Rhône: les projets alternatifs ne sont pas réalisables

Les projets alternatifs présentés par des communes valaisannes dans le cadre de la 3e correction du Rhône ne sont pas réalisables. Trois experts mandatés par le Conseil d'Etat valaisan ont rendu un rapport négatif sur ces variantes.
05 août 2015, 15:53
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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Le concept des projets alternatifs consiste pour l'essentiel à approfondir le lit du fleuve et de renoncer à son élargissement. D'un point de vue législatif, cette solution n'est pas acceptable, a déclaré lundi lors de la présentation du rapport le président du groupe d'experts Ulrich Zimmerli.

Les nouvelles dispositions de la loi fédérale sur la protection des eaux prévoit des espaces plus vastes pour les eaux en cas de crue. Les projets alternatifs sont en contradiction avec ces normes et ne seraient, de ce seul point de vue, pas acceptés.

Philosophie désuète

Les experts ont malgré tout voulu se pencher sur d'autres éléments. Ils constatent que les projets alternatifs se basent sur un concept de protection désuet qui avait cours lors de la précédente correction du Rhône. Les projets alternatifs présentés ne peuvent pas assurer une protection durable de la population.

Avec un approfondissement du fleuve et un rehaussement des digues, les niveaux d'eau en cas de crues seraient plus élevés. Davantage d'eau dans les couloirs d'évacuation implique une mise en danger accrue des personnes. Pour les experts une telle option est contraire à la philosophie moderne de protection contre les crues.

En ce qui concerne la protection des eaux souterraines, le projet cantonal actuel pose lui aussi des problèmes d'abaissement du niveau de la nappe phréatique et de tassements de terrains. Mais c'est également le cas des variantes des communes, précisent les experts.

Epargner des terres agricoles

Pour les experts, l'emprise au sol de 870 hectares calculée dans le projet officiel de 3e correction du Rhône n'est pas critiquable. Une marge de manoeuvre, certes restreinte, existe néanmoins. Et les communes ont, malgré leur déception face aux conclusions de l'expertise, fait part de leur volonté de trouver une solution avec le gouvernement cantonal, a précisé M. Zimmerli.

Le président du Conseil d'Etat Jacques Melly a précisé que l'exécutif allait analyser ce rapport en détail puis engager la discussion avec les communes. Il a assuré que le gouvernement souhaitait épargner les terres agricoles autant que possible.

Le projet de 3e correction du Rhône mis en consultation en 2008 prévoit d'élargir le fleuve, d'en abaisser le lit par endroit et de renforcer les digues. Des zones inondables de 870 hectares, dont environ 370 de terres agricoles, sont prévues. Une agriculture extensive dans ces endroits demeure possible.

Le projet a été contesté par certains milieux et des variantes moins onéreuses avec des emprises au sol réduites ont été élaborées. Le Grand Conseil a demandé en septembre 2010 une expertise de ces études. Le choix des experts a été validé par les communes concernées.