Prêts suspects au Mozambique: Credit Suisse verse 475 millions

Pour solder sa mise en poursuite, Credit Suisse va devoir verser près de 475 millions de dollars aux autorités américaines et britanniques. La banque avait menti sur la nature de certaines transactions au Mozambique.
19 oct. 2021, 22:14
/ Màj. le 20 oct. 2021 à 07:30
Cette affaire fait partie d'un vaste scandale de prêts accordés à trois entreprises publiques mozambicaines.

Credit Suisse va payer près de 475 millions de dollars aux autorités américaines et britanniques. Cela pour solder des poursuites liées à des levées de fonds organisées au nom d’entreprises d’État au Mozambique, au coeur d’une vaste affaire de corruption.

Les transactions en question ont été utilisées pour verser des pots-de-vin à d’ex-banquiers de Credit Suisse et à des fonctionnaires, alors même qu’elles étaient présentées aux investisseurs comme un moyen de financer le développement de la pêche au thon au Mozambique, a détaillé l’autorité américaine des marchés financiers, la SEC, dans un communiqué.

Credit Suisse «n’a pas divulgué l’étendue ni la nature complètes de l’endettement du Mozambique et le risque de défaut découlant de ces transactions» et n’a pas suffisamment mis en oeuvre ses contrôles internes, estime la SEC.

Investisseurs trompés

Pour avoir trompé les investisseurs, la banque a été condamnée à verser au total 547 millions de dollars de pénalités, d’amendes et de restitution aux États-Unis et au Royaume-Uni, a précisé le ministère américain de la Justice dans un communiqué séparé.

L’établissement a déjà versé certaines sommes dans le cadre de cette affaire. Il devra ainsi débourser 475 millions de dollars: 200 millions à l’autorité financière britannique FCA, près de 100 millions à la SEC et 175,5 millions au ministère américain de la Justice.

La Finma reproche de "graves violations" au Credit Suisse

La Finma a tancé Credit Suisse dans l'affaire des filatures. La banque a commis de graves violations du droit de surveillance, selon l'autorité de surveillance des marchés, qui pointe "d'importants défauts en matière d'organisation en lien avec ce genre d'activités".

La Finma a prononcé des mesures à l'encontre de la banque. Elle a formulé un blâme à l'encontre de deux personnes et ouvert une procédure "d'enforcement" contre trois autres personnes, selon un communiqué publié mardi soir.

L'enquête a montré que la banque a planifié et en grande partie réalisé sept filatures entre 2016 et 2019. Dans deux de ces cas, des membres de la direction ont été suivis en Suisse. Les filatures ont aussi concerné des collaborateurs et des tiers à l'étranger. Les investigations de la Finma ont porté sur la manière dont la banque gérait et contrôlait les filatures susceptibles d'entraîner des risques juridiques et de réputation.