Didier Burkhalter a reçu à l'Université de Neuchâtel le grade de docteur honoris causa

Le président de la Confédération est depuis ce samedi docteur honoris causa de l'Université de Neuchâtel. Didier Burkhalter a reçu ce grade à l'occasion du Dies academicus. Il a évoqué avec humour la fameuse photo prise sur le quai de la gare.
07 août 2015, 14:24
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Didier Burkhalter, ancien étudiant de l'Université de Neuchâtel, en est désormais docteur honoris causa.

C'est une fable qui pourrait s'appeler l'Université, le président et la fourchette, et dont le fil rouge serait: "Vivre ensemble". Vous ne comprenez rien? Forcément, à moins que vous n'ayez pris part, ce samedi matin, au Dies academicus de l'alma mater neuchâteloise. Une cérémonie qui sonne traditionnellement le début de l'année académique et qui, avec le rectorat en robe et de longs discours, est marquée également par la collation (terme officiel) de doctorats honoris causa.

"La plus jolie ville du monde"

Cette année, le temps fort du Dies, dont la thématique générale était "Vivre ensemble", était la remise de ce grade prestigieux à "notre" président de la Confédération. Didier Burkhalter, qui est un ancien étudiant de la faculté de droit et de sciences éco, est venu le recevoir avec son épouse. "Et je vais vous dire ce que j'ai au fond du coeur pour cette université, a-t-il confié. "Elle n'est pas la plus grande, peut-être même est-elle la plus petite, mais elle a la plus belle des grandeurs: celle de la volonté commune, celle de l'ouverture aux autres, celle de la conviction pour un monde meilleur." Et d'ajouter: "Elle contribue au vivre ensemble de la plus jolie ville du monde, et c'est quelqu'un qui voyage beaucoup, peut-être même un peu trop, qui vous le dit".

"Un quai mondialement connu"

Dans un discours remarquable, où le président de la Confédération a évoqué Ecopop ("la mort subite de la voie bilatérale"), "l'horreur d'Ebola" ou encore la guerre en Ukraine ("comment vivre ensemble quand il faut choisir entre l'Est et l'Ouest?", Didier Burkhalter a réussi à faire rire son auditoire en faisant allusion à la fameuse photo, source d'un buzz mondial, où on le voit prendre le train, seul, sur le quai de la gare de Neuchâtel. "Je ne suis pas un "tweeter taliban", et je dois reconnaître que cette photo a eu un énorme impact: ce quai est devenu mondialement connu", a plaisanté le ministre. "S'il fallait faire aujourd'hui un autre tweet, il faudrait le faire à l'Université..." 

Et la fourchette?

Les autres moments forts du Dies? Les deux fourchettes, l'une antique, l'autre contemporaine, brandies par la rectrice Martine Rahier qui évoquait l'utilité de l'innovation, mais surtout le rôle d'une innovation dans le fameux "vivre ensemble": "Ce petit objet si banal ne s'impose que quand change l'esprit humain et quand leurs relations se pacifient: la fourchette succède à l'épée", a notamment  expliqué la rectrice. A noter que trois autres doctorats honoris causa ont été remis à Thomas Zeltner, ancien directeur de l'Office fédéral de la santé publique, qui travaille aujourd'hui pour l'Organisation mondiale de la santé, Yuko Harayama, professeure et membre du conseil scientifique du premier ministe du Japon et Margarethe Rosa Billerbeck, professeure de philologie classique.

Nouvelle loi en 2016

L'avenir de l'Université de Neuchâtel, ou plutôt de ses structures a aussi été évoqué par la conseillère d'Etat Monika Maire-Hefti, qui a annoncé que la nouvelle loi sur l'Université pourrait entrer en vigueur en 2016. Elle apportera davantage d'autonomie à l'institution, mais aussi des responsabilités, a insisté la cheffe de l'Education. "Ce sera presque une révolution, car pour la première fois, une certaine part du financement cantonal sera liée à l'atteinte des objectifs. Aucune des autonomisations menées ces 15 dernières années dans le canton n'est allée aussi loin, et ce système servira de référence lorsqu'il s'agira d'étendre le modèle à d'autres institutions, dans le domaine de la santé ou du social".